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La suppression de l'ISF votée en première lecture par l'Assemblée

Les débats ont été vifs à l'Assemblée

Les débats ont été vifs à l'Assemblée - Patrick Kovarik - AFP

Les députés ont voté en première lecture la transformation de l'impôt sur la fortune en impôt sur la fortune immobilière à l'issue de longs débats.

La mesure la plus controversée du premier budget d'Emmanuel Macron passe le premier obstacle parlementaire. Les députés ont en effet donné leur feu vert en première lecture à la suppression de l'ISF et sa transformation en impôt sur la fortune immobilière.

Au terme d'une journée de débats de fond, passionnés mais sans esclandre après des semaines de polémique, les députés ont voté par 77 voix pour et 19 voix contre. La majorité LREM-MoDem, mais aussi LR et les Constructifs ont voté pour, tandis que les trois groupes de gauche - La France insoumise (LFI), Gauche démocrate et républicaine (GDR, PC) et Nouvelle gauche (ex-PS) -ont voté contre. De son côté, la droite a regretté que l'ISF n'ait pas été "supprimé intégralement".

L'ISF, payé aujourd'hui par 350.000 foyers au patrimoine net supérieur à 1,3 million d'euros, sera remplacé par un nouvel impôt, au même seuil et même taux mais réduit au patrimoine immobilier (actions, obligations, etc). Il pourrait rapporter 900 millions d'euros. Cette mesure a un coût pour l'État, chiffré à 3,2 milliards d'euros, soit la somme qui manquera au Trésor public à la suite de la suppression de l'ISF.

Avec ce vote, "un totem idéologique vieux de 35 ans, qui était devenu inefficace et complexe, va tomber", s'est réjoui le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire (LREM, ex-LR).

Cette transformation de l'ISG en IFI avait été largement critiquée par la gauche comme un "cadeau aux riches". "Tout est symbole. ISF/IFI vous remplacez le S de solidarité par le F de fortune. C'est cadeau pour les 1%", a encore dénoncé dans l'hémicycle le député PS Luc Carvounas, regrettant que la mesure n'introduise aucun fléchage.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV, près de 7 Français sur 10 estiment que cette mesure va accroître les inégalités entre les ménages les plus aisés et les moins aisés.

J.M.