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La région Ile-de-France relance la polémique sur l'écotaxe

L'écotaxe n'est pas encore morte et enterrée.

L'écotaxe n'est pas encore morte et enterrée. - Patrick Kovarik - AFP

"Valérie Pécresse, la présidente de la Région, souhaite instaurer une écotaxe pour les poids lourds en transit qui rapporterait au moins 100 millions. Réplique immédiate de la Fédération nationale des transporteurs routiers qui "refuse catégoriquement de payer une telle contribution"."

Valérie Pécresse relance une vieille idée. La présidente de la Région Ile-de-France (Les Républicains) a défendu l'idée d'une écotaxe pour les poids lourds en transit, selon "le principe du pollueur-payeur", une mesure qu'elle veut inscrire dans son "plan d'actions" pour la qualité de l'air devant être "opérationnel d'ici l'été".

La présidente de la région a présenté avec sa vice-présidente en charge de l'Environnement Chantal Jouanno (UDI) ses principales pistes en matière de lutte contre la pollution de l'air, qui seront évaluées par les élus, experts, représentants de l'État, médecins et organismes comme Airparif, lors d'une journée à huis-clos. Et sa principale mesure était donc une écotaxe pour les poids lourds en transit dans la région. "C'est un sujet complexe qui nécessitera une bonne dose de dialogue avec l'État", a reconnu Valérie Pécresse, en rappelant qu'elle attendait "toujours du Premier ministre une ressource fiscale pérenne", comme il le lui a promis pour financer le passe Navigo adopté par la précédente mandature. 

Selon Valérie Pécresse, l'écotaxe est une question de "bon sens", "c'est le principe du pollueur-payeur". "Tous les chemins mènent à Paris, on voit arriver des poids-lourds de toute la France, notre région est une région de traverse. Cela provoque des nids-de-poule, de l'air pollué, une circulation embouteillée, il est normal qu'ils payent le prix de la route", a-t-elle expliqué. Selon elle, cette écotaxe rapporterait entre 100 et 200 millions d'euros par an.

"La profession refuse catégoriquement de payer"

Les transporteurs routiers se sont immédiatement opposés à cette idée. "Les recettes attendues par ce projet d'écotaxe régionale sont de 100 millions d'euros. Ce montant est exorbitant, et la profession refuse catégoriquement de payer une telle contribution", a indiqué la Fédération nationale des transporteurs routiers, FNTR, dans un communiqué.

La fédération patronale rappelle que seuls 14.700 des 242.000 poids-lourds qui circulent chaque jour en Ile-de-France sont en transit, soit à peine 6%. "A raison d'une centaine de kilomètres pour transiter en Ile-de France, il faudrait que la taxe soit d'environ 4,50 euros par km pour atteindre les 100 millions d'euros de recettes attendues", souligne-t-elle. Or le péage de transit poids-lourds, qui devait remplacer l'écotaxe avant d'être abandonné par le gouvernement à l'automne 2014 prévoyait en moyenne 0,14 euro/km.

La FNTR redoute une "considérable distorsion de concurrence entre les régions". Elle demande une étude d'impact environnemental et économique ainsi que de conformité avec la règlementation européenne de cette mesure. Elle exige par ailleurs une "définition claire du transit" et souligne qu'elle n'a "pas les moyens d'investir dans des véhicules plus propres d'une part et de payer une taxe supplémentaire d'autre part".

Enfin, la FNTR rappelle que l'abandon de l'écotaxe a été compensé par une hausse de la taxation de quatre centimes d'euros par litre de gazole depuis le 1er janvier 2015 pour financer l'Agence de financement des infrastructures de France (AFITF). "Cette augmentation vaut pour solde de tout compte de toute écotaxe", conclut l'organisation.

D. L. avec AFP