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La Cour des comptes invite l'armée à prendre des repas moins dispendieux

La Cour des compte invite l'armée à se rapprocher d'un repas au coût de 10 euros

La Cour des compte invite l'armée à se rapprocher d'un repas au coût de 10 euros - Loïc Venance - AFP

Dans un référé publié le 4 septembre dernier, les Sages de la rue Cambon soulignent l'important coût de la restauration dans les armées par rapport au privé.

Le coût des repas des militaires est-il trop élevé? C'est ce que semble relever la Cour des comptes dans un référé du 19 juin qui a été rendu public le 4 septembre. Dans ce document, les Sages de la rue Cambon déplorent la faiblesse de la compétitivité de la fonction restauration dans les armées.

La Cour se base sur un coût total estimé à 819 millions d'euros en 2013, pour 10.000 agents employés, et un repas unitaire évalué à 15,60 euros. Des coûts dont la Cour regrette au passage qu'ils ne soient pas connus avec précision et qu'ils n'incluent pas les rémunérations du personnel employé dans les fonctions supports, qui représente tout de même 570 postes.

Un écart de 38% du prix des repas

Revenant sur le prix de 15,60 euros, les Sages écrivent que "ce prix de revient devrait d'autant plus être maîtrisé que de très nombreux militaires bénéficient de la gratuité des repas". Ils comparent ainsi ce coût avec celui des repas externalisés dans les restaurants du ministère de la défense, évalués à 9,70 euros.

Il y a donc un écart de près de 6 euros ou 38% entre un repas fabriqué en régie et un autre facturé dans le cadre d'une externalisation auprès d'un prestataire privé.

La Cour reconnaît que cet écart "peut s'expliquer" mais n'en critique pas moins les causes. Tout d'abord le nombre d'agents employés: "un restaurant relevant du secteur de la restauration collective privée compte en moyenne de 5 à 9,5 employés, tandis qu'ils sont en moyenne plus de 20 par restaurant dans les armées".

De plus, "chaque agent des restaurants externalisés par le ministère de la défense prépare et sert 51,9 couverts par jour alors que les restaurants militaires en régie n'atteignent que 23, 1 repas par jour par agent", poursuivent les auteurs du référé. Les Sages appellent ainsi à "une amélioration de la productivité".

200 millions d'euros d'économies

La Cour relève également que "la plupart des restaurants des armées sont ouverts tous les jours alors que leur fréquentation est notablement réduite les week-ends" et que le statut des personnels ne permettent que peu de souplesse.

Au final, les Sages appellent le ministère de la Défense à viser "rapidement" un prix moyen de revient du repas proche de 10 euros, soit le coût observé dans les contrats d'externalisation. A la clef, les Sages estiment l'économie potentielle à environ 200 millions d'euros.

Dans sa réponse apportée au référé, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian conteste la comparaison dressée par la Cour des compte, notamment car elle "ne tient pas suffisamment compte des particularités de la défense".

Le ministre rappelle, par exemple, que le personnel de restauration doit, en plus des repas, assurer d'autres activités militaires. Il explique également que l'écart de 6 euros est surestimé, car ne tenant pas compte du coût des pensions versées par l'Etat, et conclut donc que les économies de 200 millions d'euros chiffrées par la Cour sont surévaluées.

J.M.