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La Banque de France va verser 5 milliards d'euros à l'Etat

Le bénéfice avant impôt de la Banque de France s'élève à 6 milliards d'euros en 2017.

Le bénéfice avant impôt de la Banque de France s'élève à 6 milliards d'euros en 2017. - Joel Saget / AFP

Cette somme, que verse l'institution à l'Etat sous forme de dividende et d'impôts, a augmenté de 10% par rapport à 2016. La Banque de France a augmenté ses bénéfices notamment grâce à la politique monétaire de la BCE.

Voilà une annonce qui a dû faire des heureux à Bercy. La Banque de France a présenté ses résultats 2017 ce lundi et, bonne nouvelle, la somme qu'elle verse à l'Etat a augmenté de plus de 10% et s'établit à cinq milliards d'euros. Il s'agit de la deuxième année de hausse consécutive. 

Dans le détail, l'institution doit verser 2,7 milliards d'euros au titre de l'impôt sur les sociétés et 2,3 milliards d'euros au titre du dividende que perçoit l'Etat. Ces sommes représentent la majorité des bénéfices avant impôt qui s'élèvent à six milliards d'euros, soit 8% de plus qu'en 2016. 

151 milliards d'euros de dettes rachetées

Cette hausse résulte en grande partie de la politique monétaire décidée par la Banque centrale européenne (BCE). Depuis 2015, celle-ci a lancé un vaste programme de rachats de dettes (ou obligations) d'Etats puis d'entreprises de la zone euro, à raison de plusieurs dizaines de milliards d'euros par mois. Cet outil a permis notamment de faire baisser le coût de l'emprunt pour les Etats, mais aussi les taux des crédits immobiliers pour les particuliers. 

La Banque de France est chargée par Francfort de réaliser les opérations dans l'Hexagone. L'institution a racheté pour 151 milliards d'euros de dettes en 2017, faisant grossir de 25% le stock qu'elle détenait déjà et qui s'élève désormais à 486 milliards d'euros. 

Merci Francfort?

Comme lorsqu'un particulier rembourse un prêt, il verse à son créancier un taux d'intérêt. Ici, c'est le même fonctionnement. Une fois qu'un titre de dette arrive à échéance, la Banque de France perçoit un taux d'intérêt versé par l'emprunteur.

Par ailleurs, ces titres de dette sont rachetés auprès des banques. Ces dernières possèdent un compte à la Banque de France, où l'argent de ces reventes de titres est placé. Puisque l'institution en a beaucoup rachetés en 2017, les banques ont plus d'argent sur ce compte. 

Or, depuis mars 2016, le taux d'intérêt de ce compte est fixé par la BCE à -0,4%, ce qui signifie que les banques payent pour y placer leur argent. Pour la Banque de France, les revenus tirés de ce taux d'intérêt négatif ont fortement augmenté en 2017.

Au total, la politique monétaire décidée à Francfort a rapporté 2,2 milliards d'euros à la Banque de France en 2017. 

Baisse des charges

Cette dynamique devrait se poursuivre en 2018. La Banque de France continue de racheter de la dette au moins jusqu'en septembre prochain et le taux de dépôt va rester négatif. 

Enfin, côté dépenses, l'institution a réduit son coût de fonctionnement de 2% comme, l'année précédente, à un peu plus d'un milliard d'euros. Cette baisse s'explique en particulier par la baisse des effectifs: ils ont diminué d'environ 5% l'an dernier, après une baisse semblable l'année précédente, pour revenir à 11.021 agents fin 2017.

J.-C.C.