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Impôts : quand la tartufferie des « imposteurs » semble sans limite

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- - Mychelle Daniau - AFP

Malgré une dépense publique qui est la plus élevée du monde développé en poids de PIB, les seules pistes proposées par le gouvernement d'Emmanuel Macron mènent à une augmentation de la fiscalité, et singulièrement de la fiscalité des entreprises.

On ne le soulignera jamais assez mais Jean Jacques Rousseau répétait à l’envi que les mots « imposteurs » et « impôts » ont la même origine. L’imposteur est en effet celui qui invente des impôts, et c’est la sagesse populaire qui a pris l’habitude de l’assimiler à un menteur. Alors que sous la pression de la rue, le gouvernement laisse sans vergogne exploser le déficit budgétaire (il a quasiment doublé depuis l’élection d’Emmanuel Macron), une partie de la majorité cherche à colmater les brèches. Malgré une dépense publique qui est la plus élevée du monde développé en poids de PIB, les seules pistes proposées mènent à une augmentation de la fiscalité, et singulièrement de la fiscalité des entreprises.

Comme personne ne se montre assez courageux pour l’assumer, cette menace est brandie de façon masquée, où les jeux de mots doivent permettre de faire passer l’augmentation des maux ; c’est-à-dire que les annonces portent sur « les niches fiscales » dont la réduction potentielle, qui signifie une hausse des impôts, est présentée comme une baisse de la « dépense fiscale ». La tartufferie des « imposteurs » semble sans limite. En outre ils appellent à augmenter la durée du temps de travail pour financer la gabegie étatique alors qu’une telle augmentation n’a de sens que si elle permet d’accroître, grâce à l’augmentation de la production, le pouvoir d’achat quotidien de la population. Ce faisant, ils proposent de rétablir la corvée dont on devrait se souvenir qu’elle a été supprimée par Turgot au XVIIIe siècle…

Tout ceci serait drôle si ce n’était tragique ; d’autant plus tragique que les pouvoirs publics ont conscience de l’incongruité de la situation. En faisant voter une loi sur le « droit à l’erreur », notamment en matière fiscale, ils ont entériné le fait que le système a atteint un degré de complexité qui le rend incompréhensible. Si on doit s’attaquer aux niches fiscales qui touchent la vie des entreprises, ce doit être pour simplifier un ensemble d’exigences vis-à-vis d’elles qui se traduit par l’existence de 233 prélèvements possibles.

Les « imposteurs » cesseraient de mentir ou tout au moins de nuire en annonçant non pas des réorganisations fiscales plus ou moins tordues, mais en admettant une bonne fois pour toutes que, puisque la richesse est créée par les entreprises, plus leur fiscalité est simple et légère, mieux le pays se porte.