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Impôts locaux: Bercy autorise les retraités maltraités à ne rien payer

Pour éteindre la polémique sur la taxe foncière et la taxe d'habitation qui pèsent sur le pouvoir d'achat des retraités les plus modestes, Bercy a décidé de parer au plus pressé. Ceux qui ont déjà payé seront remboursés, les autres ne doivent rien payer.

Aux grands maux les grands remèdes. Embourbé dans la polémique autour des impôts locaux des retraités modestes, le gouvernement a recouru à une communication insolite: Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget, a en effet demandé aux contribuables concernés d'oublier leur avis d'imposition! Sur FranceInfo, il a carrément déclaré: "ceux qui n'ont pas payé seront invités à ne pas le faire". Les autres seront remboursés.

Il faut dire que cela fait plusieurs jours que le gouvernement tente d'apaiser la polémique. Et il multiplie les promesses. Ainsi le Premier ministre Manuel Valls s'est engagé dimanche à prolonger en 2016 l'exonération des impôts locaux pour les retraités aux revenus modestes que le gouvernement vient de promettre pour cette année. Et Christian Eckert, au JDD, cette fois, à expliquer comment le gouvernement comptait s'y prendre. "Grâce à l'augmentation en 2016 d'un centime par litre de la taxation du gazole et malgré la baisse d'un même montant pour l'essence, une marge financière est disponible et peut être redistribuée aux Français", estime le secrétaire d'Etat.

Un problème qui date de 2008

Les députés socialistes avaient alerté lundi Manuel Valls "sur l'explosion de la taxe foncière qui touche de nombreux citoyens retraités", une situation selon eux "insupportable pour nombre" d'entre eux. Ces retraités, "nombreux à toucher de petites retraites, souvent en dessous de 1.000 euros", ont découvert "qu'ils devraient désormais s'acquitter de la taxe foncière, dont ils étaient exonérés jusqu'à présent", soulignaient-ils dans un courrier au Premier ministre. Les montants réclamés pouvant aller "de 500 à 1.000 euros".

Le problème soulevé par les députés est une conséquence de la suppression de la demi-part des veufs, votée en 2008 par la majorité précédente. Cette demi-part fiscale profitait auparavant aux parents isolés ou aux veufs et veuves ayant eu un enfant. Cet avantage devait se réduire petit à petit, jusqu'à disparaître totalement en 2014.

Une fois au pouvoir, la gauche n'est pas revenue sur cette suppression. Le bénéfice n'a été maintenu que pour les personnes ayant élevé seules leurs enfants pendant au moins cinq ans. Selon Bercy, les effets de cette suppression ne se font sentir qu'aujourd'hui, en rendant les contribuables concernés "redevables de la taxe d'habitation et, pour ceux qui sont propriétaires, de la taxe foncière".

D. L. avec agences