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Impôt sur les sociétés: la menace de Londres inquiète Gattaz

Pierre Gattar veut que la France s'aligne avec les autres pays de l'Union européenne.

Pierre Gattar veut que la France s'aligne avec les autres pays de l'Union européenne. - John Thys - AFP

Le Royaume-Uni pourrait décider de baisser l'impôt sur les sociétés pour inciter les entreprises à rester dans le pays. Le patron du Medef demande à la France de faire de même.

Pierre Gattaz a appelé à abaisser la fiscalité sur les entreprises en France pour s'aligner sur la moyenne européenne. "Je ne dis pas qu'il faut aller à 15% d'IS" en France, a souligné le patron du Medef lors d'une conférence de presse, faisant ainsi référence à la Grande-Bretagne qui envisage de baisser son impôt sur les sociétés. Mais "si vous êtes trop éloignés de la moyenne, vous avez vos compétiteurs qui gagnent", a-t-il ajouté.

Selon le patron des patrons, "l'idéal, c'est la moyenne européenne". "Je pense qu'il faudrait" un taux d'IS situé "entre 20 et 25%", a-t-il précisé, appelant à "éviter les excès dans un sens ou dans un autre".

Le ministre britannique des Finances George Osborne a dit lundi vouloir ramener l'impôt sur les sociétés Outre-Manche sous la barre des 15%, pour encaisser le choc du vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne, qui fait planer le risque d'un coup de frein à l'économie britannique.

Irlande, pays champion en la matière

Le taux au Royaume-Uni, actuellement de 20%, s'approcherait ainsi de celui du champion européen en la matière, l'Irlande (12,5%), et s'éloignerait un peu plus de celui de l'Allemagne (près de 30%) et de la France (33%).

Selon Pierre Gattaz, un taux trop élevé conduit à "étouffer les forces économiques" et nuit à l'attractivité du pays. "Il y a une harmonie" à trouver. "La France doit remettre le curseur au centre", a-t-il conclu.

La proposition de George Osborne a été vertement critiquée mardi par le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, qui a estimé qu'il ne s'agissait pas là d'une "bonne initiative".

"Nous ne devons pas être dans la concurrence fiscale exacerbée entre nous ou dans le dumping fiscal", a-t-il déclaré sur la radio française Radio Classique.

D. L. avec AFP