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"Il y a trop de ministres en France" pour la Cour des comptes

Didier Migaud adresse une pique au gouvernement.

Didier Migaud adresse une pique au gouvernement. - Patrick Kovarik - AFP

Lors des rencontres des acteurs publics, le Premier président de la Cour des comptes Didier Migaud a considéré que la volonté de simplifier en France était trop souvent "entravée" par le trop grand nombre de ministres.

Voilà une nouvelle pique à l'attention du gouvernement. Lors des rencontres des acteurs publics, mercredi 6 juillet, le Premier président de la Cour des comptes Didier Migaud a abordé le thème de l'"amélioration de l'efficience de la dépense publique", sujet qui anime en fait les travaux de son institution tout au long de l'année.

À ce titre, le locataire de la Rue Cambon a considéré que "l'innovation, la prise de risque, la volonté de simplifier sont souvent entravés par des mécanismes de décision trop verticaux, des coordinations interministérielles défaillantes".

"D'autant plus défaillantes qu'il y a trop de ministres en France par rapport à ce que nous pouvons constater dans des pays qui peuvent nous être comparables", a-t-il ajouté.

15 millions d'euros, le coût d'un ministre

Et Didier Migaud de conclure: "Trop de ministres, cela veut dire trop de cabinets ministériels et trop de dysfonctionnements entre les cabinets et l'administration".

À l'heure actuelle, le gouvernement français compte 38 membres à raison de 18 ministres et 20 secrétaires d'État. À titre de comparaison, le gouvernement britannique compte lui 24 membres (tous ministres). Du côté de Berlin, Angela Merkel est elle entourée de 15 ministres mais qui eux-mêmes disposent de bon nombre de secrétaires d'État (33 au total).

Pour revenir à la France, le député PS René Dosière estimait en 2014 qu'un ministre coûtait environ 15 millions d'euros, personnel et locaux compris. "Si on supprimait certains ministères, on n'économiserait pas toutefois 15 millions par disparition chaque année, mais plutôt 10 millions. Il faudrait en effet recaser les fonctionnaires qui y exercent", expliquait-il au Figaro.

J.M.