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Edouard Philippe: "Il n'y a pas de cagnotte fiscale"

Le Premier ministre veut étouffer une polémique comparable à celle subie par Lionel Jospin dans les années 2000

Le Premier ministre veut étouffer une polémique comparable à celle subie par Lionel Jospin dans les années 2000 - AFP François Nasimbeni

Toute recette supplémentaire sera affectée au désendettement, affirme le Premier ministre dans le Journal du Dimanche.

"Il n'y a pas de cagnotte quand depuis quarante ans on dépense bien plus qu'on ne gagne. S'il y a de bonnes nouvelles sur les recettes, ce sera un moyen d'accélérer notre désendettement", affirme le Premier ministre Edouard Philippe dans le Journal du Dimanche du 7 janvier.

Le chef du gouvernement cherche à déminer la montée d'un débat comme celui ayant affecté le gouvernement Jospin au début des années 2000. Il a précisé être toujours "plutôt dans la logique" d'un taux de croissance de 1,7% en 2018, qui n'expose pas le pays à de "mauvaises nouvelles". La dette publique de la France s'établissait à 2.226,1 milliards d'euros au troisième trimestre 2017, représentant 98,1% du Produit intérieur brut, au lieu de 99,1% le trimestre précédent.

L'Assemblée a voté en octobre de nouvelles règles de "bonne conduire" pour utiliser cette éventuelle "cagnotte" fiscale. Si la reprise est conjoncturelle, les nouvelles recettes serviront à réduire le déficit et la dette. Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin (issu de LR), avait défendu cet amendement de "responsabilité budgétaire qui prévoit dans le cas d'un surplus de recettes fiscales ou sociales (comment les) répartir pour éviter des débats que pourraient pousser quelques-uns".

Nouvelles privatisations

Le Premier ministre a aussi affirmé au Journal du Dimanche qu'il y aurait de nouvelles cessions d'actifs outre celles déjà envisagées et que des projets de loi de privatisations étaient en préparation, sans préciser le calendrier. "Sur d'éventuelles privatisations, qui exigeraient donc une loi, vous verrez dans le calendrier législatif au fur et à mesure qu'on les présentera", a-t-il ajouté.

L'Etat n'a pas encore pris de décision sur la privatisation de Groupe ADP, le gestionnaire des aéroports de Paris, ou de la Française des jeux (FDJ), a affirmé le 19 décembre le patron de l'Agence des participations de l'Etat, Martin Vial.

"En revanche, il est clair que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, le Premier ministre et le président de la république ont pris une décision concernant un fonds pour l'innovation qui sera alimenté par 10 milliards d'euros de cession", a-t-il rappelé, évoquant de premières cessions effectuées pour "des titres d'Engie, des titres de Renault cet automne pour un peu plus de 2 milliards d'euros".

Pouvoir d'achat en hausse

Par ailleurs, le Premier ministre Edouard Philippe assure que les baisses de cotisations décidées par le gouvernement vont permettre à 20 millions de Français d'avoir davantage de pouvoir d'achat à la fin janvier: "Grâce à la suppression des cotisations salariales –une partie dès maintenant, le reste en octobre–, le pouvoir d'achat des actifs va augmenter", déclare-t-il. "Plus de 20 millions de salariés et d'indépendants vont constater dès la fin de ce mois qu'avec notre politique le travail paie. Pour un salaire de 1.500 euros par mois, cela représentera un gain de 260 euros par an".

Edouard Philippe confirme le projet de suppression de la taxe d'habitation pour 80% des Français cette année ainsi que l'intention du gouvernement de diminuer les impôts durant le quinquennat d'Emmanuel Macron. "Nous avons commencé à baisser le taux de prélèvements obligatoires: nous allons continuer, parce que c’est nécessaire", dit-il.

Un plan de le lutte contre la pauvreté sera par ailleurs "rendu public d'ici au mois de mars", précise-t-il.

J. H. avec AFP et Reuters