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Discours de Valls: le Medef attend des précisions

Manuel Valls prononçant son discours de politique générale avant de se soumettre au vote de confiance des députés.

Manuel Valls prononçant son discours de politique générale avant de se soumettre au vote de confiance des députés. - -

Le nouveau Premier ministre français a tenu ce mardi 8 avril son discours de politique générale à l'Assemblée. Les mesures qu'il a annoncées ont suscité de nombreuses réactions au sein du monde économique.

Manuel Valls devait convaincre les députés de lui faire confiance, ce mardi 8 avril. Le nouveau-Premier ministre a annoncé, lors de son discours de politique générale devant l'Assemblée, des baisses de charges patronales et salariales et des mesures pour les ménages modestes.

Il a aussi détaillé les 50 milliards d'économies annoncés en janvier par le président, et proposé une vaste réforme territoriale. Il a enfin critiqué la passivité de la BCE et l'austérité prônée par Bruxelles. Ces propos ont-ils rencontré l'adhésion des acteurs du monde économique?

> Côté patronat

Pour Pierre Gattaz (Medef), "les annonces faites par le Premier ministre doivent être saluées, notamment sur la reconnaissance de la place des entreprises, et le volontarisme sur la baisse des dépenses publiques, élément clé pour le redressement de notre pays, ainsi que la poursuite de la baisse du coût du travail", mais "les mesures sur la fiscalité des entreprises doivent encore être précisées et le calendrier annoncé ne semble pas répondre à l'urgence économique de la situation", a-t-il jugé.

> Côté syndicats

Jean-Claude Mailly (Force ouvrière), regrette que l'on "demeure dans une logique d'austérité". Il estime que "le flou perdure" sur les moyens de réaliser 50 milliards d'économies. Quant aux mesures pour les salaires modestes, "on aurait pu faire plus simple et augmenter le smic", considère-t-il. "Si la conférence sociale (prévue en juillet, ndlr) tourne uniquement autour du pacte de responsabilité, je me poserais la question de la présence de Force Ouvrière. Ça suffit le cinéma", ajoute le syndicaliste.

Pour Thierry Lepaon (CGT), Manuel Valls n'a "pas apporté de réponse" aux préoccupations des Français. Le Premier ministre veut "mettre exclusivement en application la feuille de route tracée par François Hollande" et la reprend "point par point". "On se demande si le gouvernement et la majorité ont bien compris ce qui s'est passé" aux municipales, selon lui.

Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC, met en garde. "Si les mesures ne sont que sur les bas salaires, la colère des classes moyennes sera au rendez-vous. L'équité et les efforts partagés, oui, mais l'égalitarisme, la paupérisation des classes moyennes, et des réformes qui se font sur le dos des classes moyennes, non", prévient-elle.

Pascale Coton, la numéro deux de la CFTC, a pour sa part entendu un discours qui "va dans le bon sens, car après les paroles, les actes commencent à se mettre en place". Elle se félicite du maintien du pacte de responsabilité et du CICE. Mais des "éclaircissements" sont nécessaires, par exemple sur les "recettes pérennes" qui doivent compenser la diminution des cotisations familiales, et sur les économies de 10 milliards évoquées pour l'assurance maladie.

> Côté entreprises

Patrick Liébus (CAPEB) se dit "satisfait des engagements du gouvernement en matière de transition énergétique et de Logement", deux "chantiers prioritaires" qui "concernent directement l’artisanat du bâtiment", selon lui. En outre, "Manuel Valls a compris que la relance passera nécessairement par les entreprises", se félicite-t-il. "Nous veillerons à ce que ces projets avancent et portent rapidement leurs fruits", prévient-il néanmoins.

Guillaume Cairou (Club des Entrepreneurs), s'enthousiasme de "l'objectif de réduction de 30 milliards d'euros du coût du travail d'ici 2016 du Pacte de responsabilité" et de la "simplification du régime fiscal des entreprises. Le patron du réseau espère toutefois que "le Gouvernement réussira à surmonter l'extrême lenteur habituelle qui est nécessaire à la mise en place de mesures nouvelles".

"Epreuve réussie" aussi pour Christopher Dembik (Saxo Banque). Manuel Valls "a tenu un discours résolument rassembleur, concret, volontariste et tourné vers l’économie". L'analyste se félicite particulièrement de "la réforme territoriale", quand bien même elle ne sera "complètement fonctionnelle qu’à partir de 2021".

N.G.