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Didier Migaud: "notre dette a augmenté de 1.300 euros par Français"

Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, a renouvelé ce 18 juin ses craintes sur l'économie française.

Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, a renouvelé ce 18 juin ses craintes sur l'économie française. - -

La Cour des comptes a fait état, mardi, de ses doutes quant à la possibilité d'atteindre les objectifs gouvernementaux en matière de déficit et de baisses des dépenses en 2014. Son premier président s'est expliqué ce mercredi 18 juin sur BFMTV et RMC.

Une nouvelle fois, la Cour des comptes douche les espoirs de l'exécutif. Dans son rapport sur les perspectives des finances publiques publié mardi, elle doute de la possibilité de tenir les 3,8% de déficit fin 2014 ainsi que des 50 milliards d'économies annoncées par le gouvernement Valls. Elle recommande en particulier pour les atteindre de mettre les fonctionnaires à la diète.

Didier Migaud, son premier président, est venu s'expliquer ce mercredi matin sur BFMTV et RMC. "La France a beaucoup d'atouts mais aussi beaucoup de rigidités". C'est pourquoi elle a des difficultés à se mettre dans la roue de la reprise", a-t-il expliqué.

Un record de dépenses publiques

Didier Migaud s'est d'abord inquiété du niveau de la dette française qui "continue d'augmenter". "Elle est supérieure à la moyenne de la dette de la zone euro, c'est la première fois". Il a rappelé qu'elle a augmenté de "1.300 euros par Français en un an". Il a ensuite émis des interrogations sur les recettes fiscales qui devraient être "inférieures de 2 à 3 milliards par rapport aux prévisions".

De même, la dépense publique a atteint un record. "Le plus haut niveau de dépenses de l'OCDE", a-t-il rappelé alors que la qualité des services publics n'est pas forcement à la hauteur. "A même niveau de dépenses, on pourrait avoir une action publique plus efficace". Il a ainsi mis en évidence les 40 milliards d'euros de la politique du logement pour des résultats incertains.

Fonctionnaires

Critiqué sur la proposition de la Cour de réduire les effectifs de fonctionnaires et de remettre en cause certains de leurs avantages, comme des primes, Didier Migaud a rappelé que ces propositions doivent simplement permettre d'atteindre les objectifs que s'est fixé le gouvernement en matière de maîtrise des dépenses. "Il faut donc mettre sur la table la question des effectifs".

Le gel du point d'indice "ne peut pas être éternel", a-t-il expliqué. C'est pourquoi la Cour "dit qu'il faut réfléchir à la question des effectifs, à la question de la durée du travail".

A cette occasion, il a rappelé que la Cour des comptes avait moins de personnels que ses homologues étrangères et réduisait ses dépenses, comme celle liées aux automobiles dont le nombre est passé de huit à deux.

Intermittents

Il est revenu sur le dossier brûlant des intermittents en rappelant que la Cour avait mis en évidence l'écart entre les cotisations et les prestations de ceux-ci qui atteint un milliard d'euros. "Leur régime est plus favorable que celui des autres précaires", a-t-il réaffirmé. "Il est très perméable à la fraude, aux abus".

Didier Migaud a dénoncé, à cet égard, les accords entre sociétés de production et intermittents pour prolonger le système.

P.C