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Didier Migaud: "la Cour des comptes n'a pas de recettes magiques"

Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, était l'invité de BFM Business, vendredi 28 juin.

Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, était l'invité de BFM Business, vendredi 28 juin. - -

Le Premier président de la Cour des comptes était l'invité de BFM Business, ce vendredi 28 juin après la publication du rapport sur la situation des finances publiques. Il a notamment mis en garde contre un dérapage des dépenses.

Après le rapport de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques, publié jeudi 27 juin, les réactions se multiplient, notamment à propos d'un possible dérapage du déficit public.

C'est dans ce contexte que Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, a tenu à mettre certaines choses au clair. Invité de du 12H30 de BFM Business, vendredi 28 juin, il a d'abord indiqué que les Sages de la rue Cambon n'avaient "pas de recette magique", car "ce n’est pas la Cour des comptes qui fixe les objectifs chiffrés."

"Il y a des engagements qui ont été pris par la France, et qui ont été validés par le Parlement lors de l’examen du programme de stabilité. C’est à partir de ses engagements que la Cour des comptes fait son analyse", a-t-il poursuivi.

Risque d'un recul des recettes

Evitant soigneusement d'entrer dans la polémique lancée par Gilles Carrez et l'UMP, Didier Migaud a ensuite expliqué, concernant les dépenses, qu'il n'y avait "pas de risque supérieur aux années précédentes, c'est à dire de l’ordre de un ou deux milliards. Cela peut dépendre, par exemple, de la contribution de la France au Budget européen", qui pourrait aller jusqu’à 1,8 milliard de plus.

Au contraire des recettes, pour lesquelles la Cour des comptes a "identifié le risque d'un recul", notamment dû à une croissance qui ne sera pas celle prévue par le gouvernement. Ce dernier table en effet sur 0,1%, alors que l'Insee a déjà fait savoir qu'elle serait plutôt de -0,1%.

"L'effort budgétaire en 2013 est sans précédent"

Didier Migaud a tout de même prodigué un conseil au gouvernement. "L'effort proposé en 2013 est sans précédent dans l’histoire budgétaire. Tenons cet engagement!" Sous entendu: pas de dérapage des dépenses.

Enfin, le Premier président de la Cour est revenu sur la dette publique, qui a encore augmenté de 36 milliards d'euros au premier trimestre. A l'en croire, "elle continuera à augmenter".

Didier Migaud a également insisté sur la nécessité de redresser les comptes publics. Car ces derniers ont un rapport direct avec les taux d'intérêt auxquels emprunte la France. Et "1% de taux d'intérêt en plus, c'est deux milliards de dépenses en plus l'année suivante".

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Y. D.