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Dépenses publiques : encore 10 milliards d’euros d'économies ?

Jean-Marc Ayrault a décidé de réaliser 10 milliards d'euros d'économies budgétaires supplémentaires en 2014 et 2015.

Jean-Marc Ayrault a décidé de réaliser 10 milliards d'euros d'économies budgétaires supplémentaires en 2014 et 2015. - -

Pour financer les mesures devant favoriser la compétitivité des entreprises, Jean-Marc Ayrault a notamment décidé de réaliser 10 milliards d'euros d'économies budgétaires supplémentaires en 2014 et 2015.

Pour financer les 20 milliards d'euros de mesures destinées à favoriser la compétitivité des entreprises, Jean-Marc Ayrault a décidé, outre une augmentation de la TVA, de réaliser 10 milliards d'euros d'économies budgétaires supplémentaires en 2014 et 2015, en plus de celles déjà promises dans le projet de loi de programmation des finances publiques pour les 5 ans à venir.
Le Premier ministre, qui n'a pas indiqué de quelle manière ces économies seront trouvées, a simplement évoqué des réformes structurelles ainsi qu’une modernisation des services publics.

« On est déjà sur l’os »

Jean-Marc Canon, secrétaire général CGT de la fonction publique, est plutôt inquiet face à cette annonce de 10 milliards d’euros d’économies supplémentaire. « Les services publics viennent déjà de vivre une diète énorme, explique-t-il. On a eu des coupes massives dans l’emploi, des tas de missions ont été remises en cause, des établissements ouvrent moins longtemps parce qu’ils n’ont plus les moyens, etc. Donc on est déjà sur l’os. Le terme "rationaliser" n’est pas recevable ; on a fort à craindre que ça pèse d’abord sur les salariés et les missions utiles de la fonction publique. Les conséquences de ces réductions, ce sera moins de services publics pour la population. C’est ça la réalité, et on est déjà aujourd’hui dans une situation critique ».

« Il faudrait aller beaucoup plus loin »

Moins inquiète, Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (IFRAP), estime pour sa part que la France a les moyens de réaliser ces économies supplémentaires dans les dépenses publiques. « Bien sûr que sur 2014 et 2015 on peut faire 10 milliards d’euros d’économies, avance-t-elle, mais en réalité il faudrait aller beaucoup plus loin : c’est plutôt 20 ou 30 milliards d’économies qu’il faudrait faire. On voit bien qu’au niveau local les dépenses publiques ne sont absolument pas contraintes. Il y a beaucoup à réduire sur le train de vie ; il y a des subventions aux associations qui ne sont absolument pas contrôlées, sur des musées ou des cinémathèques qui ne sont pas forcément nécessaires. En réalité, on s’est habitués en France à dépenser l’argent public, mais ça demande à l’Etat de regarder les doublons ; c’est obligatoire ».

La Rédaction, avec Aurélia Manoli