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Déficit: pour Ayrault, la Cour des comptes dit "malheureusement vrai"

Jean-Marc Ayrault était en déplacement en Martinique.

Jean-Marc Ayrault était en déplacement en Martinique. - -

Le Premier ministre a donné raison aux sages de la rue Cambon, ce jeudi 27 juin. Ces derniers estiment que le déficit public en 2013 pourrait déraper au delà des 3,7% du PIB qui constituent l'objectif du gouvernement.

Jean-Marc Ayrault donne raison à la Cour des comptes sur le dérapage du déficit. "Je pense que pour 2013, malheureusement, du fait de l'absence de croissance, ce que dit la Cour des comptes est vrai. Mais à la fin de l'année nous verrons", a déclaré le Premier ministre, en visite à Fort-de-France, en Martinique.

"La Cour des comptes est indépendante. Elle fait ses observations, elle donne son diagnostic, mais ce n'est pas elle qui fait la politique du gouvernement", a toutefois ajouté l'ex-maire de Nantes. "C'est au gouvernement, avec le Parlement, de trouver les bonnes solutions."

Les sages de la rue Cambon ont, dans un rapport publié ce jeudi 27 juin, estimé que le déficit public, pour 2013, pourrait davantage se creuser. Si la croissance française était plus basse, en 2013, que le taux de 0,1%, prévu par l'exécutif (comme l'annoncent la Commission européenne, le FMI et l'Insee) le chiffre de 3,7% du PIB visé par le gouvernement gonflerait jusqu'à 4,1%.

"Il n'y a pas de dérapages sur les dépenses, ça c'est très important. Effectivement, la Cour des comptes note qu'il y a une insuffisance de recettes due essentiellement à une insuffisance de croissance", a insisté Jean-Marc Ayrault.

La polémique lancée par l'UMP

Mardi 25 juin, l'UMP avait déclenché une polémique sur le déficit. Lors de la présentation d'un rapport, Gilles Carrez et plusieurs députés du parti politique ont estimé que le déficit public se chiffrera à 80 milliards d'euros (au lieu de 62) et atteindra 4% du PIB pour 2013. Contrairement à la Cour des comptes, l'UMP n'évoquait pas une croissance inférieure à 0,1%.

L'exécutif et le PS avaient alors critiqué les chiffres avancés par l'UMP. Pierre Moscovici a même parlé de "mensonge".

La Cour des comptes a néanmoins donné tort au parti présidé par Jean-François Copé, sur un point en écartant la nécessité d'un collectif budgétaire (c'est à dire un projet de loi de finances rectificative), réclamé par l'UMP.

"Il est important de noter (...) que la Cour des comptes ne demande pas de collectif budgétaire. Les efforts que nous avons faits sont réels, il faudra les poursuivre dans la durée mais pas forcément avec la brutalité que certains nous demandent", a d'ailleurs insisté Jean-Marc Ayrault.

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J.M. avec AFP