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Cour des comptes: la situation des comptes sociaux est "très préoccupante"

Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, a une nouvelle fois mis l'accent sur la réduction des dépenses de santé.

Didier Migaud, le Premier président de la Cour des comptes, a une nouvelle fois mis l'accent sur la réduction des dépenses de santé. - Bertrand Guay - AFP

Le rapport de la Cour des comptes, publié mercredi, dresse un sombre portrait des comptes de la Sécurité sociale, et notamment de l’Assurance maladie. Et la trajectoire de redressement devient "très incertaine", selon les Sages.

Le gouvernement n’est pas au bout de ses peines dans sa tentative de redresser les comptes de la Sécu. C’est en tout cas ce qu’estime la Cour des comptes dans son rapport annuel publié mercredi 17 septembre où elle l'invite à accentuer l'effort d'économies sur les dépenses. 

"La situation des comptes sociaux reste très préoccupante", a ainsi déclaré Didier Migaud, le premier président de la Cour, en présentant le rapport, soulignant que trois cinquièmes du déficit de la Sécurité sociale étaient structurels. 

Vers un nouveau dérapage du déficit en 2014

D'ici 2017, "la trajectoire de redressement annoncée est devenue très incertaine", a-t-il ajouté, jugeant cette situation "inquiétante". Après 12,5 milliards d'euros en 2013, le déficit du régime général de la Sécurité sociale est prévu à 9,8 milliards fin 2014 dans le collectif budgétaire du 8 août. Mais la dégradation de la conjoncture constatée depuis devrait le creuser davantage. 

Le gouvernement prévoyait jusqu'alors de dégager un excédent de 1,5 milliard d'euros fin 2017, un objectif qui sera lui aussi modifié dans les lois de finances présentées début octobre.

L'assurance maladie dans le collimateur

Selon les Sages, la maîtrise des dépenses est le levier prioritaire pour redresser les comptes, en particulier dans le domaine de la santé. 

Le déficit de l'assurance maladie est le plus important des quatre branches de la Sécurité sociale, représentant à lui seul plus du double de celui des retraites. Il s’élevait à 6,8 milliards d'euros l'an dernier, soit une hausse de 900 millions d'euros en un an. Le budget rectificatif du 8 août prévoyait que ce déficit atteigne cette année 6,1 milliards d'euros, mais il devrait être finalement plus important encore. 

Pour 2015, l'exécutif a dit qu'il trouverait deux milliards d'euros d'économies supplémentaires sur l'ensemble des dépenses publiques pour atteindre l'objectif de 21 milliards d'économies par rapport à leur croissance tendancielle. Dans ce contexte, les dépenses de santé sont une cible de choix.

Les Français boudent les génériques

La Cour des comptes déplore par exemple les résultats trop modestes de la politique de diffusion des médicaments génériques alors que son coût est élevé. Elle souligne que les génériques ne représentent que 21,5% des remboursements de médicaments vendus hors de l'hôpital et que cette situation "est une particularité française".

En Allemagne et au Royaume-Uni, trois boîtes de médicaments remboursables sur quatre sont génériques alors que la proportion n'est que d'une sur trois en France. "Ce retard est coûteux pour la Sécurité sociale et il n'est pas en cours de rattrapage", explique la Cour des comptes.

Y.D. avec Reuters