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Budget: sept chiffres à connaître sur la trajectoire jusque 2022

Le gouvernement table sur une croissance de 1,8% en 2022

Le gouvernement table sur une croissance de 1,8% en 2022 - Bertrand Guay - AFP

En plus du projet de budget pour 2018, les députés discuteront mardi de la loi de programmation des finances publiques jusque 2022. En voici les principaux chiffres.

Le premier budget du quinquennat Macron arrive mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée. Le traditionnel marathon budgétaire, qui va durer jusque Noël, débutera par le premier volet du projet de loi de finances consacré aux "ressources" avec la transformation de l'ISF ou encore la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages. Le gouvernement prévoit aussi en 2018 près de 15 milliards d'économies, avec des coupes controversées dans les aides au logement et contrats aidés.

Les députés discuteront également de la loi de programmation des finances publiques jusque 2022. En voici les principaux chiffres.

>Croissance

Le gouvernement, qui a récemment relevé de 1,6% à 1,7% sa prévision de croissance pour 2017, parie sur une hausse du produit intérieur brut identique l'an prochain (+1,7%), mais aussi en 2019, 2020 et 2021, malgré les réformes qu'il entend mettre en oeuvre pour stimuler l'activité. En 2022, la croissance n'augmenterait que légèrement, pour atteindre 1,8%. Cette trajectoire, qualifiée de "prudente" par l'exécutif, est proche de celle qui avait été fixée par l'ancien gouvernement, en avril, lors du "programme de stabilité" présenté à la Commission européenne. Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) avait alors qualifié ces prévisions de "base raisonnable pour la construction de trajectoires de finances publiques".

>Déficit public

Dans son projet de loi de finances (PLF), le gouvernement prévoit un déficit public à 2,6% du PIB l'an prochain, inférieur de 0,1 point à ce qui avait été annoncé début juillet. Selon Bercy, cette révision tient compte de la bonne tenue de la croissance, synonyme de rentrées fiscales plus importantes qu'escomptées. Le déficit devrait toutefois remonter à 3% du PIB en 2019 (au lieu des 2,9% jusque-là prévus), en raison du coût de la transformation du CICE en allègement de charges, évalué à 20 milliards d'euros. Cette augmentation sera temporaire: d'après Bercy, le déficit refluera à 1,5% en 2020, puis 0,9% en 2021, l'objectif étant un quasi équilibre (0,2%) en 2022.

>Dette publique

Grâce à ce déficit moins élevé que prévu, la dette publique, qui atteignait 96,3% du PIB en 2016, va se "stabiliser" à 96,8% en 2017 et 2018, avant de culminer à 97,1% en 2019, soit 0,4 point de moins que dans la première estimation du gouvernement en juillet. L'endettement devrait ensuite entamer une décrue rapide, suivant celle du déficit: 96,1% en 2020, puis 94,2% en 2021 et 91,4% en 2022. C'est un peu mieux que l'objectif affiché de "réduire la dette de 5 points de PIB" d'ici la fin du quinquennat.

> Dépense publique

Le tour de vis programmé en début de quinquennat est reporté à la fin. Au lieu du gel de la dépense publique en volume (hors inflation) annoncé pour 2018, le gouvernement a budgété une hausse de 0,5%, puis de 0,6% en 2019, avant un ralentissement jusqu'à une quasi-stabilité (0,1%) en 2022. La part de la dépense publique dans le PIB va par conséquent diminuer un peu plus vite chaque année: de 55% en 2016, elle passera à 54,6% en 2017, 53,9% en 2018, 53,3% en 2019, 52,5% % en 2020, 51,8% en 2021, puis 50,9% en 2022.

>Inflation

Le gouvernement table sur une augmentation progressive de l'inflation au cours du quinquennat, à la faveur de la politique monétaire de la banque centrale européenne et du regain de croissance. Mais ce redressement sera plus tardif que l'imaginait Bercy en juillet: seulement 1% en 2018, puis 1,1% en 2019, 1,4% en 2020, et enfin 1,75% en 2021 et 2022. Cette trajectoire est "en ligne avec les autres prévisions disponibles", même si elle reste "entachée d'incertitudes compte tenu de la faiblesse persistante de l'inflation dans les pays développés depuis la crise", estime le HCFP.

>Prélèvements obligatoires

L'exécutif voulait créer "un effet de souffle fiscal" pour doper l'économie française en baissant fortement le taux de prélèvements obligatoires dès le début du quinquennat. Il a toutefois revu ses ambitions légèrement à la baisse. Passé de 44,4% du PIB en 2016, à 44,7% en 2017, ce taux sera ramené à 44,3% en 2018, puis 43,3% en 2019, avant de se stabiliser à 43,6% jusqu'en 2022. Soit chaque année entre 0,1 et 0,3 point de plus que prévu en juillet.

La rédaction avec AFP