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Budget 2015: 8 milliards d'euros d'économies à trouver pour l'Etat

La baisse des dépenses de l'Etat passera par "une mutualisation des fonctions support".

La baisse des dépenses de l'Etat passera par "une mutualisation des fonctions support". - -

Matignon va adresser en fin de semaine les lettres de cadrage budgétaires à chaque ministre qui connaîtra alors le montant des économies à effectuer pour l'an prochain. Sur les 21 milliards d'euros d'efforts, l'Etat devra en faire 8 milliards.

Les grandes lignes du Budget 2015 commencent à se tracer. Le projet de loi de finances qui sera adopté fin septembre et discuté dans la foulée devrait notamment contenir les baisses d'impôts pour les classes moyennes que le Premier ministre devrait annoncer dans les quelques semaines à venir.

Mais c'est avant tout sur le volet dépenses que les choses s'activent. Selon les Echos de ce lundi 7 juillet, Matignon a finalisé ce week-end passé les derniers arbitrages avant l'envoi des traditionneles lettres de cadrage aux différents ministères en fin de semaine. Les ministres connaîtront alors chacun le montant de l'effort à accomplir pour l'année prochaine. L'an dernier, les protestations de l'ex-ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, avaient abouti à son départ du gouvernement.

L'exercice est d'autant plus difficile que, selon le programme de stabilité, ce sont 21 milliards d'euros d'économies qui devront être réalisées en 2015, soit 6 milliards de plus qu'en 2014. Et le gouvernement a bien l'intention de respecter cette trajectoire pour donner des gages à Bruxelles et pouvoir éventuellement avoir des arguments à faire valoir pour négocier davantage de souplesse sur les déficits.

Des marges de manoeuvre étroites

Le ministre des Finances Michel Sapin a indiqué, dimanche, que sur ces 21 milliards d'euros d'économies, 8 milliards seront pris en charge par l'Etat, 9 milliards par la Sécurité sociale, et "près de quatre milliards" par les collectivités locales.

Les marges de manœuvre sont étroites. Dimanche 6 juillet, Manuel Valls a assuré qu'il comptait "garantir" le budget de la Culture pour les trois années à venir, c'est-à-dire d'ici à la fin du quinquennat de François Hollande. Une contrainte qui s'ajoute à la sanctuarisation des recrutements de trois missions (Justice, Sécurité et Education).

Des "rationalisations drastiques"

Pour le moment, peu de détails ont circulé sur ces économies. Michel Sapin s'est simplement contenté d'indiquer que des éléments supplémentaires seront donnés lors du débat d'orientation budgétaire à l'Assemblée, mercredi. Le ministre a néanmoins assuré que des "rationalisations drastiques" seront effectuées pour tenir les objectifs d'économies, citant notamment la centralisation des achats.

Dans le programme de stabilité transmis à Bruxelles en avril dernier pour la période 2015-2017, Bercy indiquait déjà que les économies "résulteront notamment de la poursuite de la stabilisation du point d’indice de la fonction publique, du recentrage des interventions de l’État et, plus généralement, de gains d’efficience, d’une mutualisation des fonctions support et d’une réduction du train de vie de l’État".

"Un effort particulier de rationalisation des implantations immobilières de l’Etat permettra notamment une accélération des cessions immobilières et une diminution des dépenses liées", pouvait-on également lire. Enfin "les agences (Météo France, CNC, Cnes) seront mises à contribution et verront leurs moyens humains et financiers baisser sur la période de programmation".

Le titre de l'encadré ici

|||La répartition des 50 milliards d'euros d'économies sur la période 2015-2017

> 18 milliards pour l'Etat et ses agences
> 11 milliards pour les collectivités locales
> 10 milliards pour l'assurance-maladie
> 11 milliards sur les dépenses de protection sociale

Julien Marion