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Alstom: comment l'Etat va financer son entrée au capital

Le portefeuille d'actions cotées de l'Etat représente près de 90 milliards d'euros.

Le portefeuille d'actions cotées de l'Etat représente près de 90 milliards d'euros. - -

Arnaud Montebourg a rappelé ce lundi 23 juin que le rachat de 20% du capital détenu par Bouygues se fera via l'Agence des participations de l'Etat. Des produits de cession seront utilisés ainsi qu"une gestion dynamique" du portefeuille d'actions.

L'Etat actionnaire est désormais entré en scène dans le dossier Alstom. Ce lundi 23 juin, Arnaud Montebourg a rappelé sur BFMTV-RMC que l'Etat entrera au capital du groupe français via l'APE (Agence des Participations de l'Etat).

Patrick Kron, le PDG d'Alstom, a, ce même jour, assuré que l'Etat ferait un bon investissement en prenant des parts dans le groupe français. "C'est une société qui un fort potentiel de création de valeur et je m'attends à ce que tous les actionnaires en bénéficient", a-t-il ajouté.

La veille, Arnaud Montebourg avait assuré que le rachat des actions Alstom ne coûterait pas un centime au contribuable. La raison: l'Etat actionnaire dispose en caisse "de 2,7 milliards d'euros", rappelait le ministre de l'Economie.

Ces recettes proviennent essentiellement des ventes de diverses participations opérées l'an dernier. En mars 2013, la vente de 3,12% de Safran avait permis de récolter 448 millions d'euros. En avril, deux ventes d'actions EADS ont permis de glaner 1,19 milliard d'euros. Enfin, en juin 2013, l'Etat a vendu pour 9,5% du capital d'Aéroports de Paris, pour 738 millions d'euros.

Une gestion "dynamique"

En outre, Arnaud Montebourg a laissé entendre que de nouvelles cessions ne sont pas à exclure, déclarant sur France 2 dimanche que l'Etat aura une gestion "dynamique de son portefeuille".

C'est que l'APE a encore des marges manœuvres, fort de ses 71 participations selon Arnaud Montebourg ( et 72 selon le site de l'APE), dont les 12 cotées sur le marché font les beaux jours de l'Etat (voir encadré). Néanmoins, certaines limites ne peuvent être franchies.

"Le législateur a fixé un seuil de détention publique de 50 % pour ADP et de 100 % pour RTE. De même, la loi prévoit un seuil minimum de 70 % pour EDF et d’un tiers pour GDF Suez", rappelle l'APE elle-même.

A ce titre, l'exécutif a dû démentir, en mai, les informations relayées par la CFE-CGC d'EDF selon lesquelles l'Etat s'apprêtait à vendre 15% du groupe énergétique. Dans ce cas de figure, l'Etat serait, en effet, passé sous les 70% du capital et aurait violé la loi.

Le titre de l'encadré ici

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L'APE à la tête de près de 89 milliards d'euros

A la clôture du 21 mai dernier, dernière date publiée sur son site, l'Agence des participations de l'Etat (APE) détenait pour 88,447 milliards d'euros d'actions cotées. Son portefeuille s'était, depuis le début de l'année 2014 apprécié de 10,53%, soit deux fois mieux que le CAC40. C'est surtout Orange (+35%) et Air France KLM (+38%) ainsi que dans une moindre mesure EDF (+11,4%) dont l'Etat détient 84% du capital, qui expliquaient alors cette bonne performance.

J.M.