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Financements publics: le PS et LR vont devoir se serrer la ceinture

LR et le PS vont voir leurs sources de financements publics se tarir.

LR et le PS vont voir leurs sources de financements publics se tarir. - Thierry Zoccolan - AFP

Alors que La République en Marche pourrait toucher le jackpot, les deux partis "traditionnels" vont voir leurs sources de financement se tarir.

Le raz de marée de La République en Marche au premier tour des législatives n’est pas qu’un camouflet politique pour les deux partis qui ont structuré la vie politique française ces quarante dernières années. Il préfigure aussi une période de vaches maigres pour le PS comme pour LR.

Les résultats du premier tour laissent entrevoir une baisse très importante des aides publiques qui remplissaient jusqu’alors leurs caisses. Concrètement, chaque voix glanée dimanche par les candidats rapportera 1,42 euro par an pendant cinq ans au parti qui les soutenait.

Ainsi, le parti créé par Emmanuel Macron se retrouve-t-il déjà avec une manne annuelle d’un peu plus de 9 millions d’euros. Loin néanmoins derrière ce que l’État a versé à ce titre au PS et à l’UMP (devenue LR) sur la précédente législature - c’est l’un des effets de la faible participation qui a marqué le scrutin de dimanche.

Plus de 20 millions d'euros par an pour la République en Marche 

Effet amplifié pour les deux ex-grands partis qui, cette année, vont devoir gérer la pénurie. D’autant qu’ils ne peuvent pas compter se rattraper avec le supplément financier accordé par l’État pour chaque député élu, à savoir 37.524 euros. Si les estimations des instituts de sondage se révèlent exactes, le PS peut en effet escompter une vingtaine de députés. Même avec le versement généré, pour le moment, par la présence de 108 élus socialistes au Sénat, le parti créé par François Mitterrand va devoir se contenter de moins de 7,5 millions et demi d’euros par an. Soit trois fois moins que sous la législature précédente.

LR s’en sort à peine mieux. Compte tenu du nombre de voix obtenues dimanche, du nombre de députés qu’il peut espérer obtenir dimanche prochain, et du non-respect de la loi sur la parité qui réduit les aides publiques, s’il dépasse la douzaine de millions d’euros de manne annuelle, le parti de droite peut s’estimer heureux.

À titre de comparaison, la République en Marche, sans ses alliés du Modem, peut escompter emporter entre 350 et 390 sièges à l’Assemblée nationale et ainsi glaner entre 22 et 23,5 millions d’euros d’aides publiques par an.

Le PS et LR dédramatisent

Pour le PS comme pour LR, cette baisse drastique du financement assuré par l’État aura des conséquences très rapides. 

"Le parti n’a aucune dette, et nous pouvons faire face à une diminution conséquente de nos recettes", dédramatisait néanmoins Jean-François Debat, le trésorier socialiste, quelques semaines avant l’élection présidentielle.

Ce qui n’est pas tout à fait le cas des Républicains, obligés de limiter la casse pour ne pas s’enfoncer dans le rouge. "Nous avons remboursé 20 millions d’euros ces deux dernières années", temporise néanmoins Daniel Fasquelle, le trésorier de LR. "Aujourd’hui, notre dette est équivalente à la valeur de notre siège, soit environ 55 millions d’euros". En clair, le parti pourra toujours vendre son immeuble du XVème arrondissement pour se remettre à flots.

Pierre Kupferman, avec Y.D.