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Fillon prié de dévoiler la liste des clients de sa société de conseil

Déjà au centre de plusieurs polémiques, le candidat de la droite à l’élection présidentielle est régulièrement attaqué sur des supposés liens entre sa société, 2F Conseil, et des entreprises russes.

La "séquence des boules puantes" semble se prolonger pour François Fillon. Le candidat de la droite à l’élection présidentielle, déjà soupçonné d'avoir fourni un emploi fictif à sa femme et d’avoir bénéficié d'un détournement de fonds publics au Sénat, est désormais sommé par ses opposants de s’expliquer sur sa société, 2F conseil.

Ce lundi, Yannick Jadot en a remis une couche, au micro de BFMTV et RMC. "Pendant 5 ans, François Fillon a quadruplé son salaire de député (…) Il a touché 17.000 euros par mois de clients dont il cache l’identité", a ainsi lancé le candidat EELV. "Ce qui circule, c’est que François Fillon aurait travaillé pour des sociétés russes (…). On comprendrait alors la complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine".

La société 2F Conseil, dont François Fillon est l’unique salarié, affiche en effet plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires en trois ans et demi. Et la majorité de son activité est constituée de conférences données par l’ancien Premier ministre, selon son entourage cité par Le Canard enchaîné.

Une activité qui n’a rien d’illégal, d’autant que François Fillon avait pris soin de déposer les statuts de son entreprise quelques jours avant son élection à l’Assemblée, en 2012.

"Ce qu’a fait François Fillon est parfaitement autorisé"

Les proches du député de Paris se font néanmoins discrets lorsqu’il s’agit d’évoquer l’identité - et la nationalité- des clients de 2F Conseil. Seule l’existence d’une conférence donnée au Kazakhstan, qui lui a rapporté 30.000 dollars, a été confirmée. Aucune autre source de rémunération n’a été dévoilée.

Son conseiller spécial Jérôme Chartier a même assuré sur LCI que François Fillon n’avait "pas touché d'argent lorsqu'il est allé donner une conférence en Russie". D’autres se sont contentés de botter en touche, se retranchant derrière les dispositions législatives. "Il y a des lois, des règles. Ce qu’a fait François Fillon est parfaitement autorisé", a ainsi indiqué Luc Chatel, au micro de Franceinfo. Tout comme Bruno Retailleau, le président LR de la région Pays de la Loire: "Il y a des procédures légales, qui s’appliquent à tout le monde, y compris aux parlementaires".

Mais sous la pression, le candidat de la droite pourrait être contraint de se montrer plus transparent que ce qu’exige la loi.

Y.D.