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Euro fort : mais que peut faire l’Europe ?

Contrairement à ses homologues, la Banque centrale européenne n'a pas le droit de faire de la dévaluation compétitive

Contrairement à ses homologues, la Banque centrale européenne n'a pas le droit de faire de la dévaluation compétitive - -

Pour certains, la monnaie européenne est trop forte, ce qui dessert l’économie de la zone. Aujourd'hui, l’Europe ne dispose pas d'outil qui lui permettrait de réguler l’euro.

L’Euro est-il trop fort ? Cette question de Pierre Moscovici posée ce dimanche 3 février a suscité de vifs commentaires au sein de la zone euro. Il est vrai que depuis plusieurs semaines, une véritable guerre des monnaies est orchestrée, aux dépens de l'euro, qui oscille autour d’1,36 dollar.

Le ministre français de l’Economie reconnaît, qu’à l’heure actuelle, il n’est pas possible de lutter contre la hausse de la monnaie européenne. Ou plutôt contre la baisse des autres devises. Cela serait donc un aveu de faiblesse, l'idée que nous serions devenus de simples observateurs des variations du taux de change.

C'est extrêmement préoccupant. Un euro bas, qui aiderait nos industriels à exporter serait pourtant de nature à favoriser la relance économique. Tom Enders, lorsqu'il était à la tête d'EADS, affirmait ainsi que 10 centimes gagné sur l'euro, c'est 1 milliard de pertes nettes pour Airbus.

Les grandes banques centrales dévaluent leur monnaie

La seule façon de faire baisser la monnaie européenne serait d'utiliser les mêmes armes que les autres pays. Toutes les grandes banques centrales font actuellement tout ce qu'il faut pour avoir des monnaies basses. La Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon rachètent des actifs immobiliers, de la dette publique, font tourner sans fin la planche à billet.

Aujourd'hui, ces banques centrales sont devenues le bras armé des politiques économiques des Etats, et font clairement de la dévaluation compétitive. La BCE, elle ne le peut pas. Car son mandat est fondé sur la stabilité des prix.

Alors certes, avec la crise, Mario Draghi a fait un peu bouger les lignes en rachetant directement de la dette d'Etat, ou avec le programme d'aide aux banques. Mais les économistes sont très clairs : les politiques doivent donner le ton sur cette question, et parler d'une seule voix pour limiter la flambée de la monnaie unique.

Sidonie Watrigant