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Elections au Royaume-Uni: Boris Johnson à l'épreuve du scénario catastrophe

Le Premier ministre va tenter d'arracher une majorité au Parlement britannique pour enfin acter son Brexit. Mais le pari des élections pourrait bien se retourner contre lui.

Avec Boris Johnson, la politique britannique prend toujours des airs un peu guignols. Ces derniers jours, le Premier ministre s'est fait remarquer pour une vidéo virale dans laquelle il reproduit une scène du film culte Love Actually, provoquant les foudres de Hugh Grant.

Il a ensuite fait parler de lui, mercredi, en lâchant un "putain de merde" à un journaliste l'interpellant lors d'une visite dans une laiterie de Leeds, avant de finalement se réfugier dans la chambre froide pour éviter les questions trop pressantes.

En tête des sondages

Réputé pour ses frasques, Boris Johnson espère bien qu'elles lui apporteront la victoire, ce jeudi, pour les élections législatives anticipées. Son image clownesque lui a toujours conféré une certaine sympathie auprès des électeurs qui le placent largement en tête des sondages. Selon une moyenne compilée par le Guardian, les Conservateurs seraient en tête des études avec 43% des intentions de vote contre 33% pour les Travaillistes. Des résultats à prendre avec des pincettes tant les sondages sont décriés de l'autre côté de la Manche et, en réalité, rarement fiables.

Une majorité ?

Plus inquiétant, pour Boris Johnson, le nombre de sièges de son éventuelle majorité se réduit. Avec ce score, les Tories remporteraient 339 sièges, soit une majorité de seulement 28 sièges. Cela reste un écart important, le plus important d'ailleurs depuis les années 80 dépassant même celui de John Major en 1992 avec ses 21 sièges d'avance. Mais c'est deux fois moins que lors des projections de mi-novembre. Et cela fond de jours en jours…

D'autant plus que la marge d'erreur laisse entendre que les conservateurs pourraient tomber, dans le pire des cas, à… 311 sièges. Et donc sans majorité ! Un scénario catastrophe qui bloquerait le pays, les Travaillistes ayant peu de chances d'obtenir un accord électoral avec les libéraux-démocrates (annoncés en troisième position).

Tout pour un psychodrame

Et histoire de rendre le scrutin un peu plus indécis, la participation reste une grande inconnue. C'est la première élection, depuis 1923, qui aura lieu en décembre. Traditionnellement, les partis évitent le passage aux urnes en hiver, qui mobilisent moins les électeurs.

Et puis, il faut ajouter la question écossaise puisque la Première ministre d'Ecosse pousse pour un nouveau référendum d'indépendance. Son soutien aux Travaillistes dépend de leur acceptation de ce vote en 2020.

En clair, tous les ingrédients d'un psychodrame à l'anglaise sont réunis. Réponse ce jeudi soir…

Thomas Leroy