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Désormais, Les Républicains mettent (aussi) le cap sur le pouvoir d'achat

Éric Woerth a détaillé le projet des Républicains

Éric Woerth a détaillé le projet des Républicains - Capture d'écran BFM Business

François Baroin et Éric Woerth ont détaillé le projet économique qui doit permettre aux Républicains de reconquérir les électeurs en vue des législatives. Si des efforts sont demandés, le projet prend ses distances avec François Fillon en mettant davantage l'accent sur le pouvoir d'achat des ménages.

François Baroin ne s'en est pas caché. Le projet économique des Républicains dans l'optique des élections législatives se veut "une grande synthèse" au sein du parti, a indiqué mardi son chef de file pour la prochaine échéance électorale lors d'une conférence de presse. Les distances avec le programme de François Fillon sont ainsi prises. Si des mesures sont prises en faveur des entreprises, l'accent est également mis sur le pouvoir d'achat notamment sur "les classes moyennes qui ont été massacrées sous François Hollande", a taclé François Baroin.

Éric Woerth a ensuite présenté pêle-mêle les différentes mesures économiques que contient le projet économique des Républicains.

> Des mesures pour les entreprises

Éric Woerth a rappelé que les Républicains prévoyaient de transformer le CICE de François Hollande en une baisse de charges à laquelle "on ajoute une diminution de charges patronales et d'impôt de production" pour un total de 10 milliards d'euros, là où François Fillon proposait 25 milliards... Par ailleurs, "on réduit, modifie et allège le code du travail", poursuit Éric Woerth. Notant que les entreprises en France "sont en retard dans le domaine de la digitalisation", il a indiqué que son parti avait "de nombreuses propositions" pour qu'elles puissent combler le fossé qui les sépare de leurs concurrentes.

> Le pouvoir d'achat des ménages mis sur la table

Selon Éric Woerth il s'agit de la "clé des choses: se dire que les Français ne doivent pas être oubliés et nous devons faire un geste pour le pouvoir d'achat". La hausse de la TVA, qui figurait dans le programme de François Fillon, passe aux oubliettes. Une éviction qu'Éric Woerth justifie par le "discours contradictoire avec l'objectif de baisser les prélèvements". Une baisse de 10% de l'impôt sur le revenu est prévue, mesure qui était en fait incluse dans le programme de Nicolas Sarkozy pour la primaire. L'exonération fiscale des heures supplémentaires sera rétablie. Enfin, Éric Woerth a promis "la stabilité fiscale" en assurant que le parti se tiendrait aux règles qu'il aura lui-même fixées dans le collectif budgétaire de l'été 2017, s'ils ont une majorité à l'Assemblée.

> Un "pacte de progrès" avec la fonction publique

Les Républicains mettent un peu d'eau dans leur vin au sujet des fonctionnaires. S'ils visent toujours 100 milliards d'euros de baisses de la dépense publique, l'objectif de 500.000 suppressions de postes dans la fonction publique est désormais abandonné pour passer à 300.000 sur l'ensemble du quinquennat, chiffre qu'avait déjà donné la veille sur BFM Business Gilles Carrez, le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. En outre, Éric Woerth dit vouloir négocier et "remettre à plat le mode de rémunération de la fonction publique" à travers un "pacte de progrès avec la Fonction Publique" pour éviter la "paupérisation des fonctionnaires". Ce qui viendrait alors contrebalancer l'augmentation du temps de travail pour les fonctionnaires également prévue dans le texte.

> La retraite à 65 ans toujours d'actualité

Éric Woerth confirme en revanche que Les Républicains "veulent la retraite à 65 ans". Toujours dans la sphère sociale, il a aussi indiqué que son parti voulait "que les Français soient mieux remboursés dans leur système de soins".

J.M.