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Des patrons français appellent Paris à continuer de négocier le TTIP

François Hollande et Matthias Fekl ont affirmé leur volonté de bloquer les négociations sur le TTIP.

François Hollande et Matthias Fekl ont affirmé leur volonté de bloquer les négociations sur le TTIP. - Alain Jocard - AFP

Douze organisations de patrons ont réclamé ce jeudi que Paris continue les négociations sur le traité transatlantique "sans naïveté, jusqu'à ce qu'elles atteignent des résultats ambitieux et équilibrés".

Douze organisations et fédérations professionnelles ont appelé jeudi à ce que les négociations entre l'Union européenne et les États-Unis sur un traité de libre-échange transatlantique (TTIP) soient poursuivies, alors que Paris doit demander vendredi leur arrêt.

"Les entreprises françaises demandent que les négociations entre l'Union européenne et les États-Unis soient poursuivies, sans naïveté, jusqu'à ce qu'elles atteignent des résultats ambitieux et équilibrés", écrivent ces organisations dans une déclaration commune. Le document a été signé par le Medef, le Groupement des fédérations industrielles (GFI), l'Union de l'Industrie textile (UIT) ou encore la Fédération française des Assurances.

"Un acte d'extrême gravité"

"L'abandon pur et simple de ce projet transatlantique, de portée historique, après seulement trois ans de discussions, nous paraît être un acte d'extrême gravité, lourd de conséquences, et à ne pas commettre de façon précipitée", mettent en garde les signataires.

"Se mettre hors-jeu des alliances qui se créent affaiblirait la capacité de nos entreprises à exporter et être compétitives dans la mondialisation", font-elles valoir, se disant conscientes "qu'en l'état actuel des négociations, les propositions des États-Unis ne sont pas acceptables".

"Nous devons continuer les négociations, nous donnant cette fois-ci tous les moyens pour arriver à des résultats ambitieux et qui correspondent au mandat qui a été donné à la Commission européenne en 2013", insistent-ils. Les signataires appellent le gouvernement français à "maintenir le dialogue avec les négociateurs européens" et à "veiller à ce qu'ils se montrent fermes vis-à-vis des Américains", et à "la Commission européenne de mieux écouter les États membres et leurs entreprises".

Bruxelles continuera à discuter

Le secrétaire d'État français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, doit demander vendredi à Bratislava à la réunion des ministres du Commerce extérieur européens à Bratislava, l'arrêt des négociations sur le TTIP. Bruxelles a d'ores et déjà annoncé que la Commission poursuivrait ses discussions avec Washington.

Négocié depuis mi-2013 par Washington et la Commission européenne, l'accord TTIP (Transatlantic Trade Investment Partnership), vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires de part et d'autre de l'Atlantique. L'objectif est de créer la plus grande zone de libre-échange du monde, censée doper l'activité économique. Mais il suscite de nombreuses inquiétudes au sein des opinions publiques, en raison de l'impact qu'il pourrait avoir sur l'agriculture ou l'environnement, et du manque de transparence qui entoure les négociations..

N.G. avec AFP