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Déconfinement: comment les aides pour les entreprises vont-elles être adaptées?

L’Etat l’a répété plusieurs fois: il ne vas pas couper les vannes d’un coup. Cela va se faire progressivement à mesure que l’activité économique va repartir.

Les aides aux entreprises ne vont pas s'arrêter du jour au lendemain. Alors que la phase du déconfinement débute, elles seront arrêtées progressivement. Concrètement cela veut dire que le chômage partiel, les reports de charge et le Fonds de solidarité seront maintenus tels quels jusqu’à la fin du mois de mai. Mais à partir du mois de juin, ces aides vont être adaptées et on ne connaît pas encore les futures règles du jeu. 

> Chômage partiel

Depuis le début de la crise il est pris en charge à 100% par l’Etat. Mais à partir du mois de juin, il y aura un reste à charge pour les entreprises. Il sera "raisonnable et progressif" d’après la ministre du Travail Muriel Pénicaud pour les entreprises qui auront pu rouvrir au mois de mai. Mais on ignore pour le moment le niveau de ce reste à charge. En revanche pour les entreprises qui devront restées fermées par décision administrative, là le chômage partiel continuera à être pris en charge à 100% par l’Etat.

> Fonds de solidarité

Pour les aides aux indépendants et aux très petites entreprises ainsi que les reports de charges ouverts à toutes les entreprises, là aussi les règles vont changer puisque ces aides vont être arrêtées au mois de juin. Sauf là encore pour les entreprises qui devront restées fermées par décision administrative. On pense bien sûr à l’hôtellerie-restauration, au tourisme, à la culture ou encore à l’événementiel.

> Surcoûts sanitaires

Toutes les mesures que les entreprises vont prendre pour respecter les règles sanitaires ont un surcoût. Il y a les masques et les gels bien sûr mais il peut y avoir aussi des coûts supplémentaires liés à l’hébergement et au transport du personnel.

Le respect des règles sanitaires fait aussi baisser mécaniquement la productivité avec moins de personnel et des organisations plus lentes, par exemple dans l’industrie ou dans le bâtiment.

Et puis pour les commerçants, les nouvelles règles de sécurité, ça veut dire accueillir moins de clients pour respecter les distances de sécurité…et donc moins de chiffre d’affaires.

Bref le déconfinement, ça va impliquer moins de productivité et moins de rentabilité. La question se pose de savoir qui va payer pour ce manque à gagner. 

> Tourisme, aéronautique et automobile

Un soutien imminent est prévu à 3 secteurs particulièrement touchés par la crise: le tourisme, l’aéronautique et l’automobile. Des mesures de soutien vont être annoncées dès le mois de juin.

> Qui du plan de relance ?

Enfin, après l’urgence, après la reprise, l’Etat prépare aussi la 3ème phase: la relance de l’économie.

Et cette relance, elle va se décliner en 3 mesures principales qui seront présentées à la rentrée: le soutien à la demande et à la consommation, le soutien à l’offre et à l’investissement. Et enfin, la France veut que la relance soit européenne et elle propose un fonds d’urgence en plus du budget européen.

Thomas Sasportas et OC