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Darmanin: "Le gouvernement précédent a arrangé la vérité" sur le Budget

Gérald Darmanin a évoqué un trou de "4  à 5 milliards d'euros" pour passer sous les 3% du PIB.

Gérald Darmanin a évoqué un trou de "4 à 5 milliards d'euros" pour passer sous les 3% du PIB. - BFMTV - RMC

Invité de BFMTV- RMC ce vendredi, le ministre de l'Action et des Comptes publics est revenu sur le rapport de la Cour des comptes publié la veille. Il a assuré que l'objectif de réduire le déficit à moins de 3% du PIB cette année serait tenu. Mais il n'a pas donné de détails sur les futures économies.

8 milliards d'euros. Voilà le dérapage qu'a révélé jeudi le rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques de la Cour des comptes. Si rien n'est fait, le déficit serait alors de 3,2% du PIB cette année, loin des 2,8% visés par le précédent gouvernement, selon la Cour. Cette dernière a sévèrement épinglé la gestion de l'exécutif de François Hollande.

Invité de BFMTV-RMC ce vendredi, le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin est revenu sur ce rapport. Il a évoqué "un audit extrêmement alarmant sur le fond et sur la forme. Sur la forme, jamais la Cour des comptes n'avait utilisé les termes 'insincérité' ou 'biais de construction'".

"C'est un moment grave qui nous oblige à présenter des documents vrais avec des vrais chiffres au Parlement, c'est-à-dire aux Français, et à la Commission (européenne, NDLR)", a-t-il ajouté.

"Dire la vérité sur la maladie"

En ce sens Gérald Darmanin convoquera dès le 6 juillet prochain à Bercy les parlementaires et les partenaires sociaux pour "dire la vérité sur la maladie", à savoir "la trop grande dépense publique". 

Est-ce à dire que le gouvernement de François Hollande avait lui menti aux Français? "Cela veut dire que notre gouvernement précédent a arrangé la vérité avec une partie des chiffres, c'est ce que dit la Cour des comptes", a répondu Gérald Darmanin. "Nous allons rétablir la vérité des comptes", a-t-il assuré. 

Outre cette transparence, le ministre de l'Action et des Comptes publics a assuré que le gouvernement arriverait à 3% de déficit cette année. "Depuis 2008, nous sommes au-dessus de ces 3%. Depuis 1974, bien avant ma naissance, nous sommes dans un budget en déséquilibre. Aujourd'hui nous allons tenir la promesse de la France de revenir à ces 3% de déficit", a-t-il poursuivi, indiquant qu'il manque "entre 4 et 5 milliards d'euros" pour y arriver. 

Pas de hausses d'impôts

Gérald Darmanin a une nouvelle fois écarté toute hausse d'impôts pour arriver à ce but. "On le fera rien qu'avec des économies. Et jamais un gouvernement de la Ve République n'a trouvé 4 à 5 milliards d'économies en plein milieu d'année. C'est extrêmement difficile mais on le fera", a-t-il martelé.

Néanmoins Gérald Darmanin s'est montré peu disert sur la nature des futures économies. Il a expliqué que celles-ci devraient néanmoins permettre l'exécution des dépenses sous-budgétées (contrats aidés, allocations adultes handicapés). Mais il n'a pas donné de réelle piste, outre le gel du point d'indice des fonctionnaires déjà annoncé jeudi. Il a néanmoins précisé que ce gel concernerait l'année 2018. "Il y a eu une augmentation qui a été décidée par le précédent gouvernement, on les assume cette année", a-t-il indiqué. Avant d'ajouter qu'"en 2018, il n'y aura pas d'augmentation du point de l'indice. Cela ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas pendant tout le quinquennat"

Gérald Darmanin a par ailleurs mis en avant "l'efficience de la dépense publique". "Un bon ministre n'est pas celui qui a le plus de budget c'est celui qui exécute bien l'argent. Car la souveraineté de la France dépend aussi de notre budget. Les deux-tiers de notre dette appartiennent aujourd'hui à l'étranger. Si les taux d'intérêt augmentent d'un point, cela représente 2 milliards d'euros soit 233 médiathèques ou 200 écoles", fait-il valoir. 

Le discours d'Édouard Philippe

"L'État, les collectivités locales, les administrations publiques, toutes les dépenses publiques sont concernées par l'efficience", a-t-il assuré. 

Interrogé sur le report d'éventuelles mesures promises par le candidat Macron pour limiter le déficit, Gérald Darmanin a botté en touche, assurant simplement que ces promesses seraient tenues "sur le quinquennat". "Ce qui est sûr c'est que le Premier ministre mardi va faire un grand discours de politique générale et va notamment donner le calendrier des mesures", a-t-il précisé. 

"Le Premier ministre va rendre des arbitrages et je serai le garant de ces arbitrages", a-t-il assuré. 

Gérald Darmanin n'a pas non plus communiqué de nouvelles prévisions de déficit au-delà de 2017. "Le 15 et 16 juillet à l'Assemblée nationale j'aurai à défendre le débat d'orientation des finances publiques, c'est-à-dire la trajectoire de la France". Néanmoins il a assuré qu'il serait sous les 3% durant l'ensemble du quinquennat. 

J.M.