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Croissance: François Hollande se démarque d'Angela Merkel

François Hollande appelle la zone euro à ne pas se focaliser uniquement sur la rigueur

François Hollande appelle la zone euro à ne pas se focaliser uniquement sur la rigueur - -

Ce vendredi 15 mars, le président de la République, a évoqué, en marge du sommet européen, une réunion des dirigeants de la zone euro. Tranchant avec la position allemande, il invite une nouvelle fois ses partenaires à lever le pied sur la rigueur.

Le débat entre austérité et croissance a battu son plein au Conseil européen de jeudi 14 et vendredi 15 mars. Ce dernier jour, François Hollande a un peu plus affirmé ses priorités.

Evoquant, devant la presse, une réunion réduite aux 17 membres de la zone euro, il a affirmé que l'union monétaire "ne peut n'être qu'une zone de discipline, de vigilance de stabilité".

"Au-delà de la stabilité il y a une croissance à préparer, une croissance spécifique à la zone euro", a poursuivi le président de la République, tranchant ainsi avec la position d'Angela Merkel.

La Chancelière est, en effet, considérée comme une grande tenante de la rigueur budgétaire, même si, durant ce sommet, les deux dirigeants ont évité de trop insister sur le fossé idéologique les séparant de plus en plus.

La leçon à retenir de Mario Monti

François Hollande a toutefois bien insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre rigueur et croissance. Il a pris pour exemple l'Italie où les résultats des élections législatives ont traduit un fort sentiment anti-austérité, après les sévères mesures prises par l'ancien président du Conseil, Mario Monti.

"Je n'oublie pas le rôle pris par Mario Monti (…) qui a fait sortir la spéculation de la zone euro. Mais Mario Monti nous a aussi fait valoir une leçon: si les pays vont trop vite dans l'ajustement budgétaire, s'ils n'entrevoient pas la croissance (…) il y a alors un risque de rejet par la population non pas du gouvernement mais de l'Europe elle-même", a-t-il affirmé.

Une consigne déguisée à destination de l'Allemagne

Le chef de l'Etat a aussi appelé à une coordination renforcée au sein de la zone euro. Il a ainsi considéré que les pays qui ont une balance de paiement négative "doivent poursuivre leur redressement" et "améliorer leur compétitivité". Et pour ceux dont cette balance est positive, François Hollande préconise de "soutenir leur demande intérieure pour apporter un soutien direct à la croissance" de l'Europe.

Une référence à peine voilée à l'Allemagne, plusieurs pays demandant actuellement à Berlin de prendre des mesures pour stimuler la demande. Le pays aborde d'ailleurs la saison des négociations salariales, notamment dans le secteur de la métallurgie.

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Julien Marion