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Coronavirus: pour Laurent Berger, la vraie question, c'est "de travailler tous"

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Le secrétaire général de la CFDT s'attend à une hausse du nombre de chômeurs en raison de la crise sanitaire. Il souhaite que syndicats, patronat et ministère du Travail se réunissent pour anticiper cette nouvelle vague.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a estimé jeudi qu'en termes de temps de travail pour l'après-confinement, "ce dont il est question, ce n'est pas de travailler plus individuellement, mais de travailler tous".

"Aujourd'hui, ce qu'on pressent, c'est des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires" après le confinement, mais "ce dont il est question, ce n'est pas de travailler plus individuellement, c'est de travailler tous, d'avoir de l'emploi pour tous", a déclaré M. Berger sur Europe 1.

"Ce que demande la CFDT instamment depuis maintenant 15 jours, c'est tout simplement qu'on se mette autour de la table pour discuter d'une mobilisation générale sur l'emploi. On n'en mesure pas l'ampleur", mais "on sait qu'il y a un gros problème sur l'emploi qui se profile", a-t-il souligné.

"Parler de la répartition des richesses produites"

Organisations syndicales et patronales, "avec le ministère du Travail et pourquoi pas un certain nombre d'experts sur les politiques d'emploi" doivent "se mettre autour de la table très très rapidement" pour "discuter de l'anticipation en termes d'emploi", a-t-il souhaité.

Quant aux propositions de l'Institut Montaigne, qui a prôné mercredi une augmentation du temps de travail, elles "sont d'inspiration très libérales", a-t-il dit.

Concernant "la façon de travailler, il faut reconstruire les choses" et "ça ne peut pas être l'augmentation notable du temps de travail", a-t-il jugé, en estimant qu'il faudra "parler de la répartition des richesses produites dans l'entreprise, de l'organisation du travail".

Des efforts collectifs

"Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas des efforts, que dans un certain nombre d'entreprises, il n'y aura pas des accords pour qu'on prenne en compte les besoins de l'entreprise" à un moment donné, "mais à une seule condition, que ce soit dans des accords d'entreprise" et "pas des efforts totalement sur le dos des travailleurs", a estimé M. Berger.

"Dans les entreprises se discuteront un certain nombre de conditions pour assurer la production, ça s'appelle du dialogue social", a-t-il relevé, en insistant sur la nécessité que les efforts se fassent "de façon collective", pas seulement par les salariés.

Pour le télétravail, "la CFDT souhaite une nouvelle négociation" entre les partenaires sociaux afin de "remettre des cadres" car il y a "beaucoup de contraintes, de risques physiques ou psychosociaux", a noté M. Berger, dont l'organisation fera "de fortes propositions en début de semaine prochaine" pour "améliorer la vie des télétravailleurs".

C.C. avec AFP