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Coronavirus: l'orthodoxie budgétaire sera pour plus tard

Le plan à 45 milliards d'euros mis sur la table par le gouvernement vont fortement dégrader les finances publiques mais le gouvernement assume.

"Quand la maison brûle, on ne compte pas les litres d'eau pour éteindre l'incendie". Le message de Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics dans les Echos est très clair.

Le gouvernement assume complètement les conséquences de son plan d'urgence de soutien aux entreprises et aux salariés de 45 milliards d'euros sur les finances publiques.

Car le choc va être rude. Outre une entrée en récession, la dette publique va dépasser la barre symbolique des 100% du PIB cette année, le chiffre exact sera connu début mai lors de la présentation du Pacte de Stabilité. 

Le déficit public ramené à son niveau de 2014

Quant au déficit public, avec une nouvelle prévision à 3,9%, il revient 6 ans en arrière à son niveau de 2014.

Mais l'orthodoxie budgétaire, ça sera pour plus tard. Bercy rappelle ainsi que ses mesures resteront en vigueur "aussi longtemps que nécessaire". Bruno Le Maire, le ministre de l'économie est très clair: il s'agit pour le moment de sauver l'économie française. Et de permettre une reprise une fois la crise passée.

Bruno Le Maire prépare d'ailleurs déjà le terrain au niveau européen: "Nous allons demander à Bruxelles de considérer l’ensemble des mesures du plan de soutien de 45 milliards d’euros comme des mesures exceptionnelles de crise".

En d'autres termes : que ces dépenses de crise ne soient pas prises en compte dans le calcul du déficit de la France.

OC et Alexandra Paget