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Commission européenne : qui sont les candidats à la présidence ?

La Commission européenne a annoncé un accord « historique » avec les pays du Mercosur.

La Commission européenne a annoncé un accord « historique » avec les pays du Mercosur. - Emmanuel DUNAND / AFP

Le mandat de Jean-Claude Juncker prend fin cette année. Au moins six candidats postulent désormais pour prendre sa succession dans un contexte de défiance contre l’Union européenne.

Alors que débute le scrutin pour le Parlement européen, un autre « combat » politique, probablement plus important, se déroule en parallèle. Il s’agit de déterminer le nom du prochain(e) président(e) de la Commission européenne. Le mandat de Jean-Claude Juncker s’achève et le Luxembourgeois n’en briguera pas un nouveau.

Qui pour prendre sa place ? Logiquement, c’est le processus des « spitzenkandidaten » qui doit s’appliquer. Ce terme allemand désigne les têtes de liste des différents partis européens aux prochaines élections. En théorie, le parti qui remporte les Européennes placera son « candidat » à la tête de la Commission européenne. Dans les faits, les « spitzenkandidaten » n’ont franchement pas le vent en poupe, cette année.

Pour quelles raisons ? cela tient du profil des candidats. Et notamment, celui du potentiel favori (là encore, très théorique) : Manfred Weber. A 46 ans, le député européen allemand, issu de la CSU (centre-droit), tient les rênes du PPE (droite), principale force politique du Parlement européen. De facto, il est aussi censé être le candidat d’Angela Merkel et des gouvernements de droite en Europe. Problème, sa notoriété peine à dépasser la Bavière et il n’a jamais eu de poste d’envergure. Surtout, la Chancelière tout comme Emmanuel Macron préfèrent installer un poids-lourd à ce poste hautement stratégique.

Michel Barnier en outsider ?

Ce pourrait être la danoise Margrethe Vestager, « spitzenkandidat » pour les libéraux européens. De tous les candidats officiels, c’est elle qui jouit de la meilleure réputation et, surtout, elle reste la plus connue du grand public pour ses combats contre les géants du net, en tant que commissaire à la concurrence. Si elle a agacé Emmanuel Macron en s’opposant à la fusion entre Siemens et Alstom, elle reste une des candidates favorites du président de la République. Mais sa position, libérale, reste problématique dans le contexte de la vague populiste qui touche l’Europe. D’autant plus que, le nouveau Parlement européen aura son mot à dire sur cette nomination !

Face à elle, le vice-président néerlandais de la Commission, Frans Timmermans, qui représente le Parti socialiste européen, deuxième groupe parlementaire à Strasbourg. Problème, la gauche sociale-démocrate est à la peine dans toute l’Europe et son score pourrait pénaliser son candidat.

Enfin, les 3 autres « spitzenkandidaten » n’ont, objectivement, que peu chance. Jan Zahradil, représente la droite nationaliste. Ce tchèque de 56 ans est notamment soutenu par le parti polonais au pouvoir Droit et justice mais n’a pas le soutien de certaines partis importants comme le Rassemblement national. Pour les écologistes, c’est l’Allemande Ska Keller qui a été choisie tandis que la gauche radicale s’appuie sur le Belge Nico Cué.

Un de ces 6 candidats peut-il est président de la Commission européenne ? Un autre nom résonne de plus en plus dans les couloirs de Bruxelles. Celui de Michel Barnier. L’ancien ministre et actuel négociateur en chef pour le Brexit a marqué des points et apparait comme un candidat crédible. Ce dernier, s’il avance à pas feutrés, assure vouloir être « utile » à l’Europe. Merkel n’y est pas formellement opposée mais attend les résultats des élections européennes pour se décider…