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Commission européenne: Juncker donne des signes à Moscovici

Jean-Claude Juncker, ce mardi 8 juillet, lors d'une réunion avec le groupe socialiste du Parlement européen.

Jean-Claude Juncker, ce mardi 8 juillet, lors d'une réunion avec le groupe socialiste du Parlement européen. - -

Le probable futur président luxembourgeois de la Commission européenne a indiqué, ce mardi 8 juillet, que le portefeuille de l'économie irait "probablement" à un socialiste. De bon augure pour Pierre Moscovici, candidat au poste.

Clairement, Jean-Claude Juncker envoie un signal fort à la France. Le très probable futur président de la Commission européenne a entamé ce mardi 8 juillet un marathon d'auditions parlementaires auprès des groupes du Parlement européen, qui votera le 15 juillet prochain sur son investiture.

Au cours de l'une de ces auditions, le Luxembourgeois a, selon l'AFP, déclaré que le futur commissaire européen chargé de l'Economie sera "probablement" un socialiste.

De bon augure, notamment pour Pierre Moscovici. L'ancien ministre de l'Economie a plusieurs fois laissé entendre qu'il se verrait bien au sein de l'exécutif bruxellois. Le 27 juin dernier sur Europe 1, il affirmait ainsi qu'"il faut que la France ait un grand portefeuille parce qu'elle est un grand pays". Que ce soit "la microéconomie, l'industrie, la concurrence, le marché intérieur, la macroéconomie, comme la gestion des déficits, la France a sa place", indiquait-il.

Moscovici...ou Guigou?

Par ailleurs, après son éviction du gouvernement début avril, plusieurs médias avaient rapporté que l'Elysée aurait promis de se battre pour défendre sa candidature à la Commission européenne. Toutefois, l'ancien ministre n'est pas le seul socialiste français à briguer un poste dans l'exécutif européen: l'ancienne garde des Sceaux et actuel présidente de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée, Elisabeth Guigou étant sur les rangs. Mais elle viserait un poste davantage axé sur la diplomatie.

Actuellement, le poste de commissaire européen aux Affaires économiques est occupé par l'ancien Premier ministre finlandais, le conservateur Jyrki Katainen, qui a succédé il y a deux semaines, à son compatriote Olli Rehn.

Jyrki Katainen vise lui-même un poste au sein de la prochaine Commission européenne dirigée par Jean-Claude Juncker. Mais il semble désormais peu probable qu'il conserve son poste actuel.

Un message aux socialistes

Un autre candidat potentiel pourrait être le ministre des Finances néerlandais et président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Interrogé, ce dernier a botté en touche ce mardi: "j'ai déjà un job, merci beaucoup, j'en ai même deux, et j'apprécie la combinaison", a-t-il déclaré.

Au-delà de la question de la personne, la volonté de Jean-Claude Juncker à placer un socialiste aux Affaires économiques peut également être interprétée comme un message, voire un renvoi d'ascenseur aux Etats qui plaident pour davantage de souplesse sur les déficits, la France et l'Italie en tête.

Rappelons que le samedi 21 juin, les pays socialistes emmenés par François Hollande et Matteo Renzi avaient décidé de soutenir tous ensemble la candidature de Jean-Claude Juncker au poste de président de la Commission européenne, bien que celui-ci soit d'une couleur politique opposée.

Julien Marion avec AFP