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Ce qui attend la Grèce après le non au référendum

La victoire du non au référendum de dimanche ne devrait pas pour autant arranger les affaires du pays. Et les difficultés pourraient bien s’accentuer dès ce lundi.

Les sourires d’Alexis Tsipras et les scènes de liesse au cœur d’Athènes pourraient bien n’être qu’une courte récréation avant un retour à une réalité plus difficile. Car si la victoire du non au référendum organisé dimanche ne souffre d’aucune contestation, la Grèce va entrer dans une période charnière, face à des créanciers de moins en moins patients et avec des caisses de plus en plus vides.

Ce lundi, c’est vers la Banque centrale européenne que le pays devrait se tourner, espérant un relèvement du plafond de ses aides d’urgence. Ce qui permettrait de rouvrir les banques, fermées depuis une semaine et fragilisées par des retraits massifs récents. Hélas, sauf surprise, le conseil des gouverneurs de la BCE devrait décider de maintenir ce plafond à son niveau actuel en l’absence de perspective d’accord entre la Grèce et ses créanciers. Les établissements bancaires devraient donc afficher une nouvelle fois porte close lundi et entretenir une situation déjà invivable pour beaucoup de citoyens grecs.

Un sommet de la zone euro crucial 

Dans le même temps, les dirigeants européens tenteront de réagir après la fin de non-recevoir adressée par les Grecs dimanche. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker va ainsi consulter dans la matinée Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, Donald Tusk, président du Conseil européen et Mario Draghi, patron de la BCE. Angela Merkel et François Hollande, eux, se retrouveront dans la soirée à l'Elysée pour un dîner de travail destiné à "évaluer les conséquences du référendum".

Cette rencontre précédera de quelques heures un sommet de la zone euro qui s’annonce crucial, mardi à Bruxelles. Il y sera décidé de la nouvelle orientation des négociations avec le gouvernement d’Alexis Tsipras - pousser le pays vers une sortie de l'euro, où l'y maintenir malgré tout.

En attendant, et alors qu’elle se trouve déjà en défaut de paiement vis-à-vis du FMI, la Grèce voit l’échéance du 20 juillet se rapprocher inexorablement. C’est en effet à cette date qu’elle devra rembourser la somme de 3,5 milliards d’euros à la BCE, qui se trouve désormais être son seul soutien financier.

Yann Duvert avec AFP