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Castaner sur l'appel de Libé: chiffrer l'impact de la baisse de l'ISF reviendrait à "trahir le secret fiscal"

"Il ne faut pas s'amuser avec des pétitions", estime Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement.

"Il ne faut pas s'amuser avec des pétitions", estime Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement. - Jacques Demarthon - AFP

Le porte-parole du gouvernement s'est exprimé après l'appel de Libération qui réclame de connaître l'impact de la baisse de l'ISF sur les 100 premiers contributeurs français. Selon lui, cela reviendrait à "trahir le secret fiscal".

Pour répondre à un "enjeu de transparence", Libération et 120 parlementaires de gauche ont demandé au gouvernement de rendre public l’impact de sa réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), afin d’éclairer le débat budgétaire qui s’ouvre à l’Assemblée nationale. En effet, comme l’avait noté l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "effectuer un chiffrage précis du coût de cette réforme et de son impact redistributif est rendu complexe du fait du manque criant de données relatives aux ménages les plus aisés", rappelle le journal.

Un appel qui n'a pas manqué de faire réagir Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement: "Il ne faut pas s'amuser [avec] des pétitions. Aujourd'hui, dire que c'est en alourdissant la fiscalité que l'on crée de la richesse collective, ce n'est pas vrai. Sinon, la journée mondiale de la misère ne serait pas évoquée en France", a-t-il déclaré.

"Trahir le secret fiscal"

"On a fait partir les riches, alors que notre société a besoin de gens qui réussissent, et en retour ils doivent investir pour créer des emplois, a ajouté Christophe Castaner. Ce n'est pas en cherchant à appauvrir les plus riches qu'on règle les problèmes de la pauvreté dans ce pays, cela fait 30 ans qu'on constate qu'il y a plus de pauvres".

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement a par ailleurs expliqué que "les 1000 premiers contributeurs [représentaient] 10%" des recettes fiscales de l'ISF. "Chiffrer l'impact pour les 100 premiers contributeurs reviendrait à trahir le secret fiscal car ils pourraient être identifiés", a-t-il estimé, tout en critiquant cette initiative: "Je suis surpris de cette chasse à l'homme. Est-ce qu'on considère que certains qui sont suffisamment riches pour payer l'ISF devraient être dénoncés?", a-t-il dit.

J.Mo.