BFM Business

Bruno Le Maire veut redémarrer l'économie "le plus fort possible, le plus vite possible"

Invité sur le plateau de Good Morning Business, sur BFM Business, le ministre de l'Economie et des Finances est notamment revenu sur l'impact du coronavirus sur l'économie française.

Face au coronavirus, le gouvernement tente de trouver les bonnes réponses. "Il faut être prêt à une réponse rapide mais la réponse aujourd'hui est d'abord nationale" explique le le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire sur BFM Business. 

"L'essentiel, c'est que l'activité économique française puisse redémarrer le plus fort possible, le plus vite possible" explique-t-il. "C'est ça ma responsabilité (...) c'est de soutenir les entreprises au quotidien. On a activé la cellule de veille économique pour s'assurer de la continuité économique, s'assurer qu'on apporte une réponse heure par heure à toutes les entreprises qui se posent des questions."

"J'ai vu hier le président du Medef et le président de la CPME pour leur demander aux filières économiques privées le même message : qu'un grande donneur d'ordres qui attend la réalisation d'un contrat par son sous-traitant, si le sous-traitant n'est pas à l'heure (…) il ne faut pas qu'il ait de pénalités" epxlique-t-il.

"Pas un plan de relance"

Pour le ministre de l'Economie, l'important "est anticiper sur la fin de l'année pour se dire, quand on sera sorti de cette crise sanitaire, qu'on puisse redémarrer vite et fort" insiste-t-il. Aux entreprises en difficulté, il est donc prêt à "offrir des solutions qui auront un coût budgétaire", comme les annulations de pénalité ou les aides à la trésorerie.

Pour autant, il ne s'agit pas d'un plan de relance avec des dépenses de l'Etat pour relancer l'activité. "Non, ce n'est pas le sujet aujourd'hui" explique Bruno Le Maire. "Ce n'est pas un plan de relance, c'est un plan de soutien aux entreprises."

Relance budgétaire européenne 

Il est aussi revenu sur la réponse à l'échelle européenne. "Je considère que la meilleure arme aujourd'hui, ce n'est pas la politique monétaire" assure-t-il. "Les taux sont déjà très bas. C'est vrai en particulier pour la Banque centrale européenne (BCE), les taux d'intérêt sont négatifs donc les marges de manœuvre de la politique monétaire sont limitées."

Mais la BCE a des "instruments pour soutenir les entreprises, les PME, quand elle se financent auprès des banques. C'est plutôt ces instruments-là qui me paraissent utiles" indique-t-il.

"Et puis l'autre instrument dont nous disposons (...) c'est l'instrument budgétaire. Il faut que nous soyons prêts, si on voit qu'il y a besoin de dépenses budgétaires supplémentaires pour relancer la croissance, soutenir l'activité, il faut que nous soyons prêts à utiliser cet instrument budgétaire qui aujourd'hui me parait plus efficace que l'instrument monétaire."

"Ce que je souhaite, c'est que, aujourd'hui, les 19 ministres des Finances de la zone euro s'entendent pour dire : 'si à un moment donné, dans cette crise, nous nous apercevons que la croissance est durablement et significativement touchée, nous sommes prêts à employer tous les instruments, y compris l'instrument budgétaire'. Et c'est vrai que le débat, il porte là-dessus" explique-t-il, se montrant personnellement favorable à cette démarche. "Je souhaite que nous mettions sur la table la possibilité de recourir à l'instrument budgétaire si nous nous apercevions d'ici quelques semaines que la croissance de la zone euro est vraiment durement touchée".

Thomas Leroy