BFM Business

Bourse : comment investir dans un marché volatile ?

En période de forte volatilité, les actions de dividendes constituent un placement de « bon père de famille ».

En période de forte volatilité, les actions de dividendes constituent un placement de « bon père de famille ». - Pixabay

Parce que le marché actions risque, de l’aveu de nombreux analystes, d’être particulièrement fluctuant en 2019, des alternatives peuvent être envisagées. Mais elles ne sont pas sans risques.

Dire que l’horizon 2019 sera sans nuages après une fin d’année 2018 catastrophique sur les marchés boursiers relève de l’ineptie. Mais dire que cela constitue une raison valable et suffisante pour ne pas investir en bourse cette année l’est tout autant. Surtout que quantité d’autres produits d’investissement existent pour booster la rentabilité d’un portefeuille tout en contenant la prise de risques. Même en période de forte volatilité ! Ce que confirme Andrea Tuéni, analyste au sein de Saxo Banque.

Paradoxalement, il semble que lorsque la Bourse chute, cela améliore la rentabilité des dividendes. Comment l’expliquez-vous ? Faut-il, selon vous, privilégier des actions dont les dividendes procurent les rendements les plus élevés ?

Andrea Tuéni : Durant les périodes baissières, les investisseurs ont tendance à délaisser les valeurs cycliques et à se déconcentrer sur des valeurs de rendement qui dégagent des dividendes. En ce sens, les actions de dividendes constituent un placement de « bon père de famille » parce que ce type de valeur est moins chahuté que les valeurs cycliques bancaires et financières.

En période d’importante volatilité, les valeurs de rendement perdent donc un peu moins. Par conséquent, les conserver en fonds de portefeuille ne constitue pas forcément une mauvaise idée. D’une part, parce qu’elles souffrent moins des fluctuations. D’autre part, parce que la distribution de leur dividende booste la rentabilité d’un portefeuille.

Au-delà du placement en actions, il est également possible d’investir dans des produits structurés ou au travers de fonds patrimoniaux. Est-ce une bonne option ?

Obligations, CFD (Contract For Difference), contrats futurs (instruments financiers issus de la catégorie des contrats à terme), options… Il existe un panier de valeurs qui permettent tout de suite de diversifier un portefeuille d’investissement. C’est le travail du gérant que de diversifier les fonds en combinant à la fois des valeurs de rendement et des valeurs cycliques qui, elles, vont dégager de la performance. Donc, « oui », il y a un très gros intérêt à diversifier son portefeuille et à aller chercher la performance dans d’autres produits.

Il peut également y avoir des produits structurés avec plusieurs sous-jacents qui donnent, là-encore, la possibilité de limiter la prise de risques.

Comment convient-il de le structurer son portefeuille en 2019 sans se priver de rentabilité ?

Je recommande de conserver une poche actions, surtout si on table sur un accord commercial conclu entre la Chine et les Etats-Unis. A ce moment-là, il pourrait y avoir un potentiel de rendement un peu plus important. Toutefois, il est également nécessaire de conserver une part d’investissement dans des valeurs refuges et de garder, par exemple, des obligations d’Etat dans un souci de protection.

Si l’on dispose déjà d’un portefeuille actions, il peut être intéressant de limiter l’impact négatif d’une période de baisse grâce à des instruments de couverture pour se protéger à court ou à long terme contre la volatilité des prix. Cela permet de se prémunir des risques de correction tout en essayant de dégager de la performance. Il est, dans tous les cas, vivement recommandé, de se constituer un portefeuille évolutif. Surtout que la deuxième partie de l’année devrait être marquée par un retour des questions entourant la santé économique mondiale avec, en prime, le spectre d’une récession qui pourrait réapparaître.

Clairement, l’année devrait être coupée en deux avec un marché un peu plus tendu au second semestre. Cependant, en corrélant une partie actions qui dégage de la performance, en conservant un peu d’instruments de couverture et en intégrant dans son portefeuille quelques valeurs refuges telles que l’or, les obligations d’Etat, ou encore les devises refuges comme le yen, la rentabilité à la clé il peut y avoir en 2019.

Julie COHEN-HEURTON