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Bonus des banquiers: le torchon brûle entre Bruxelles et la City

La City de Londres utilise des subterfuges pour contourner l'encadrement des bonus

La City de Londres utilise des subterfuges pour contourner l'encadrement des bonus - Diliff - Flickr - CC

Le Commissaire européen au marché intérieur, Michel Barnier, s'inquiète des pratiques des établissements de la City. Ces derniers tentent de contourner l'encadrement des bonus des banquiers voté l'an dernier.

C'est la grande pomme de discorde entre Londres et Bruxelles: le plafonnement des bonus des traders. Ce lundi 8 septembre, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) examine un recours déposé par le gouvernement britannique contre une directive européenne votée l'an dernier.

Ce texte prévoit que la rémunération variable d'un banquier, c'est-à-dire son "bonus", ne puisse être supérieure au montant de la partie fixe (ou au double si l'assemblée générale des actionnaires donne son accord). Londres n'a eu de cesse de critiquer cette législation au motif qu'elle mine la compétitivité de la City.

Avant que l'audience de la CJUE ne débute, Michel Barnier, le Commissaire européen en charge des services financiers, a haussé le ton. Dans une lettre envoyée à l'EBA (European Banking Authority, le régulateur européen des banques) et révélée par le Financial Times, il s'élève contre les comportements des établissements anglais, qui cherchent à contourner cette réglementation par un subterfuge.

"Je voudrais souligner mes vives préoccupations" concernant ces pratiques, affirme-t-il dans cette lettre.

Les "cash allowances"

Le commissaire européen fait référence aux "cash allowances" qui, concrètement, remplacent les bonus en gonflant la partie fixe de la rémunération du banquier, permettant ainsi d'échapper à la réglementation européenne.

Michel Barnier demande à l'EBA de prendre en compte ces pratiques dans le rapport qu'elle doit rendre fin septembre prochain afin de pouvoir apporter "une réponse politique coordonnée dans les délais opportuns" à ce problème.

Plusieurs établissements dont Standard Chartered, Goldman Sachs ou Barclays ont eu recours à ces "cash allowances". Le cas le plus notable concerne le patron d'HSBC Stuart Gullivert, qui a ainsi vu sa rémunération fixe doubler, de sorte à pouvoir obtenir globalement la même paie qu'en 2013. 

Julien Marion