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Aux Seychelles, préserver un paradis du tourisme de masse

Plage des Seychelles, le 21 novembre 2019

Plage des Seychelles, le 21 novembre 2019 - YASUYOSHI CHIBA / AFP

Paradis du tourisme de luxe, les Seychelles ont accueillis deux fois plus de touristes en 2019 qu'il y a dix ans. Menacée par le réchauffement climatique, l'île tente de contrôler l'afflux de visiteurs.

Un poste de radio crache du reggae à l'ombre de quelques arbres sur le sable immaculé d'Anse Bazarca, une plage du sud de l'île de Mahé. Quelques vivaneaux frétillent sur le barbecue et Nareen, Seychelloise de 32 ans, se ressert un verre de rhum coca.

Tradition locale oblige, Nareen et sa famille profitent du weekend sur une des nombreuses plages libres de déchets faisant la réputation de l'archipel. Seuls touristes en vue à une cinquantaine de mètres de là, un couple titille du bout des pieds les eaux turquoises de l'océan Indien.

"On n'a pas de tourisme de masse aux Seychelles et c'est très bien ainsi", sourit la Seychelloise, travaillant elle-même dans le secteur touristique, sur un yacht de luxe, qui contribue à plus de 60% du PIB du seul pays d'Afrique considéré à "haut revenu" par la Banque mondiale.

Paradis du tourisme de luxe, les Seychelles ont accueilli plus de 360.000 visiteurs en 2018, principalement européens, soit deux fois plus que dix ans auparavant, et près de quatre fois la population du pays (95.000 habitants).

L'île tente de contrôler le tourisme

"Plus de touristes, c'est mieux pour l'économie, mais il n'y a pas que cela qui rentre en ligne de compte aux Seychelles", souligne Nareen, résumant parfaitement les débats qui animent cet archipel de 115 îles menacé par le réchauffement climatique et chantre d'un tourisme respectueux de l'environnement.

Car si les Seychelles, en défaut de paiement au sortir de la crise financière de 2008, ont redressé la barre en s'appuyant sur le tourisme, le pays se pose sérieusement la question du nombre de visiteurs qu'il est en mesure d'accueillir.

En attendant les résultats d'une enquête sur la question, le gouvernement a décrété en 2015 un moratoire sur la construction de grands hôtels sur les trois îles principales, Mahé, Praslin et La Digue, à la fois pour protéger son environnement et promouvoir des établissements plus petits tenus par des Seychellois.

Sur les îles extérieures, les autorités pratiquent une politique baptisée "une île, un resort".

"L'idée, c'est de contrôler le nombre de touristes en contrôlant le nombre de chambres d'hôtel", souligne le ministre du Tourisme, Didier Dogley. 

"Notre estimation à l'heure actuelle, c'est que nous pouvons aller jusqu'à 500.000 touristes par an", explique-t-il, en soulignant que le nombre actuel de chambres d'hôtel est de 6.000 et que la construction de 3.000 chambres supplémentaires est prévue dans le cadre de projets approuvés avant l'entrée en vigueur du moratoire.

R.Ga avec AFP