BFM Business

Athènes demande le déclenchement de l'aide de l'UE et du FMI

Le Premier ministre grec George Papandréou a demandé le déclenchement du mécanisme d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) destiné à sortir le pays de ses problèmes de dette. /Photo prise le 23 avril 2010/REUTERS/Yiorgos Kar

Le Premier ministre grec George Papandréou a demandé le déclenchement du mécanisme d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) destiné à sortir le pays de ses problèmes de dette. /Photo prise le 23 avril 2010/REUTERS/Yiorgos Kar - -

ATHENES - Le Premier ministre grec George Papandréou a demandé le déclenchement du mécanisme d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire...

Dina Kyriakidou et Michael Winfrey

ATHENES (Reuters) - Le Premier ministre grec George Papandréou a demandé vendredi le déclenchement du mécanisme d'aide de l'Union européenne et du FMI destiné à sortir le pays de ses problèmes de dette, augurant d'un renflouement potentiellement sans précédent.

La Grèce négocie avec l'UE et le FMI les modalités d'une aide de 40 à 45 milliards d'euros, destinée à lui permettre de mieux gérer une dette publique de 300 milliards d'euros et dont le service lui revient de plus en plus cher sur les marchés.

"C'est une nécessité nationale et impérieuse que nous demandions officiellement à nos partenaires de l'Union Européenne l'activation du mécanisme de soutien que nous avons créé ensemble", a dit George Papandréou, en déplacement sur la petite île de Kastellorizo, dans l'archipel du Dodécanèse.

Le ministre grec des Finances George Papaconstantinou a de son côté déclaré qu'une première tranche de l'aide promise à son pays serait disponible avant le 19 mai.

De Washington, la ministre française de l'économie Christine Lagarde a dit espérer que les discussions entre la Commission européenne et le FMI produiraient des résultats rapides et que la France approuve sa part du plan d'aide entre le 3 et le 6 mai.

Le temps presse pour Athènes car la Grèce doit rembourser 8,5 milliards d'euros d'obligations le 19 mai et 39 milliards d'euros au total sur les 12 prochains mois.

REFUGE

La décision d'activer le mécanisme a été précédée par un conseil des ministres marathon de plus de sept heures, au cours duquel certains ministres ont exprimé leurs craintes de mesures d'austérité encore plus draconiennes, rapportent les médias grecs.

La Commission européenne a confirmé avoir reçu une demande d'aide de la part de la Grèce et assuré que les fonds seraient versés le plus rapidement possible.

"Tout sera fait de telle manière que le mécanisme puisse être déclenché dès que possible et autant que de besoin pour la Grèce", a dit un porte-parole de la Commission.

L'exécutif européen avait peu auparavant annoncé que les ministres des Finances de la zone euro décideraient de débloquer des prêts d'urgence pour la Grèce une fois que lui-même et la Banque centrale européenne (BCE) auraient jugé la demande d'aide valide.

CE N'EST PAS LA FIN DE LA CRISE

"Dans un premier temps, la Commission européenne et la BCE émettront une opinion sur la nécessité de déclencher le mécanisme et une fois que cette opinion aura été émise, l'Eurogroupe décidera officiellement du déclenchement du mécanisme", précisait Amadeu Altafaj, ajoutant: "Il n'y a pas de date-limite".

Cela pourrait prendre une semaine pour que la Commission et la BCE évaluent la validité de la demande et que l'Eurogroupe prenne ensuite une décision formelle, a déclaré la Commission.

La BCE n'a fait aucun commentaire mais l'Allemagne a déjà fait savoir qu'elle était prête à agir immédiatement si nécessaire.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, qui doit discuter évoquer cette question lundi avec des représentants des groupes politiques du Parlement, a déclaré que Berlin apporterait sa contribution si l'UE, la BCE et le FMI s'accordaient à dire qu'Athènes a besoin d'aide.

La Grèce a précisé que la Commission pourrait éventuellement proposer un prêt-relais si l'aide n'était pas approuvé à temps pour satisfaire les besoins de refinancement de la Grèce.

RÉACTION PRUDENTE DES MARCHÉS

Les marchés ont réagi plutôt favorablement dans un premier temps: la prime demandée par les investisseurs pour détenir des obligations souveraines grecques a sensiblement diminué, à 525 points de base contre un pic de 611 pdb la veille avant de rebondir à 570, tout comme les CDS sur les obligations souveraines grecques à cinq ans.

Mais ils se sont ensuite en partie ravisés, jugeant que cette aide ne représentait somme toute qu'une solution de court terme aux problèmes grecs. L'euro a ainsi glissé à 1,3305 dollar.

"Sur le long terme, c'est juste un sparadrap", estime pour sa part Daragh Maher, responsable pour la stratégie internationale au Crédit Agricole CIB.

Le rendement des obligations grecques avait atteint un pic de 12 mois jeudi, alors même que l'Union européenne avait revu à la hausse le déficit budgétaire du pays pour 2009 et que l'agence de notation Moody's Investors Service déclassait la note souveraine à A3, avec un risque de la dégrader davantage.

Wilfrid Exbrayat, Catherine Monin, Vincent Chauvet et Nicolas Delame pour le service français