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"Décision illégale", "précédent dangereux": Wish contre-attaque après son déférencement demandé par Bercy

Selon Wish, la décision de déréférencement de son site, ordonnée par Bercy, est "illégale" et crée "un précédent dangereux". L'entreprise américaine a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris pour la contester.

Wish ne compte pas baisser les bras. Dans un long communiqué, le site de vente de produits à très bas prix dénonce une décision "illégale" de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), et affirme que cela "crée un précédent dangereux".

Selon Wish, cette décision apparaît même "comme une croisade contre une entreprise encore relativement jeune et de taille modeste".

La semaine dernière, Bercy a demandé le déréférencement du site américain des principaux moteurs de recherche et des magasins d'applications. Une décision prise à la suite d'une enquête de la DGCCRF qui a mis en lumière la vente de produits non-conformes et dangereux sur Wish.

Le site reste pour l'instant inaccessible à condition de renseigner l'URL précise. Mais Wish n'a que "quelques semaines" pour se mettre en conformité, sous peine d'être interdit sur le territoire, a menacé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Wish déplore les méthodes de la DGCCRF

Dans la foulée, la place de marché a déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris le 27 novembre pour pour contester cette décision, selon les informations du Parisien. Une première audience en "référé suspension" aura lieu le 10 décembre, précisent Les Echos.

Depuis le début de l'affaire, Wish martèle qu'en tant que place de marché, il n'est qu'un intermédiaire entre vendeurs et acheteurs. Sur le site, plus de 150 millions de produits sont proposés par quelque 500.000 vendeurs dans le monde.

"La DGCCRF n'a échantillonné que 150 produits et, à ce jour, n'a pas partagé avec nous sa méthodologie de sélection, qui, nous le supposons, sert un calendrier bien précis", dénonce Wish dans son communiqué.

La plateforme reconnnaît ne pas "avoir une méthode infaillible" pour repérer les vendeurs qui proposent des produits dangereux, mais assure disposer de moyens permettant de "prévenir, détecter et supprimer les annonces qui enfreignent les lois ou les normes de sécurité locales".

25.000 annonces supprimées après des demandes de l'Europe

La semaine dernière, Wish affirmait même n'avoir "aucune obligation légale" d'effectuer des contrôles sur les produits vendus sur sa plateforme en tant que simple hébergeur.

C'est sur ce point que les avis divergent. Pour la DGCCRF, "au vu des pratiques, nous considérons que Wish agit comme distributeur", indiquait l'administration à Numerama. Car "Wish intervient en amont lors de la gestion du contrat et en aval lors de la phase de service après-vente", ce qui serait la preuve que le site n’est pas un simple hébergeur.

Dans son communiqué, Wish rappelle avoir signé l'engagement de la Commission européenne en matière de sécurité des produits et assure répondre "dans les deux jours ouvrables à tout rapport des autorités gouvernementales".

"Rien qu’au cours des douze derniers mois, nous avons répondu à plus de 360 demandes de régulateurs en Europe, ce qui a entraîné le retrait de plus de 25.000 annonces de notre plateforme. Nous allons donc au-delà des obligations légales en la matière", affirme l'entreprise.

Rayé des résultats des moteurs de recherche et des magasins d'applications, Wish reste pour l'heure inaccessible, sauf en renseignant l'URL précise. Le site américain semble ne pas vouloir accéder aux demandes de Bercy et attendre la décision du tribunal administratif pour faire annuler la décision de déréférencement.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech