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Coronavirus: près de Lyon, le seul fabricant de chloroquine en France est en redressement judiciaire

La société Famar a été placée en juin dernier en redressement judiciaire. Aujourd'hui, elle est pourtant la seule société habilitée à produire de la chloroquine en France, une molécule actuellement testée contre le coronavirus.

A l'heure où naissent des espoirs - et des doutes - sur la chloroquine pour soigner des patients atteints du covid-19, le seul fabricant français de ce médicament est en redressement judiciaire. Dans un communiqué publié la semaine dernière, les syndicats ont alerté sur la situation de ce site installé à Saint-Genis-Laval. 

Pas de repreneur

"Les dernières interventions du Ministre Olivier Véran sur les situations critiques liées aux pénuries de médicaments et au risque épidémique du Covid-19 devraient nous permettre de reconsidérer l’avenir de notre site dans le but de retrouver une indépendance sanitaire. FAMAR LYON est l’unique usine enregistrée pour délivrer le marché Français en Nivaquine", nom sous lequel la chloroquine est commercialisée, indique la CGT. 

L'entreprise, qui compte près de 250 salariés, a été placée en redressement le 24 juin dernier. Sur les 12 sites que comptait le groupe Famar vendu par le fonds d'investissement américain KKR, celui de Saint-Genis-Laval est le seul à ne pas avoir trouver un repreneur. "Les différents appels d’offre réalisés depuis l’ouverture de cette procédure collective sont restés sans suite", affirme la CGT. 

"C'est complètement invraisemblable. On a un outil de production qui est prêt à fermer alors qu'on pourrait délivrer des médicaments de tout type dont la Nivaquin qui pourrait être en fait un axe thérapeutique", a alerté sur BFM Lyon Yannig Donnius, délégué syndical CGT Famar Lyon. "J'en appelle aux pouvoirs publics pour qu'on puisse trouver ne issue industrielle de sorte que l'emploi continue à être présent sur ce site là". 

La chloroquine testée à grande échelle

Depuis plusieurs jours, la chloroquine, traitement anti-paludique, a suscité un certain optimisme dans la quête d'un médicament pour soigner les patients atteints du coronavirus. Le professeur Didier Raoult, directeur de l'IHU Méditerranée Infection à Marseille, a présenté la semaine dernière une étude qui montre une amélioration chez ses patients.

Toutefois, de nombreux spécialistes ont émis des réserves, estimant que les essais menées auprès de 24 patients ne répondent pas à tous les critères nécessaires.

Malgré ces doutes, la molécule a été intégré à essai clinique à grande échelle. Lancé à Lyon dimanche et baptisé Discovery, cet essai vise à tester ' molécules contre le coronavirus.

Benjamin Rieth