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Coronavirus: le Parlement adopte définitivement le troisième budget d'urgence

Des députés à l'Assemblée nationale

Des députés à l'Assemblée nationale - Lionel Bonaventure

Le texte prévoit environ 45 milliards d'euros de soutien aux secteurs particulièrement affectés par la crise: tourisme, aéronautique ou automobile.

L'Assemblée nationale a donné son ultime feu vert en fin de journée, après une adoption similaire un peu plus tôt au Sénat, à majorité de droite. La gauche s'est opposée au texte ou s'est abstenue, déplorant le rejet des mesures de "justice sociale" qu'elle proposait.

Ce projet de loi de finances rectificative (PLFR), objet d'un compromis entre députés et sénateurs, est "la preuve (...) que lorsqu'il y a besoin d'agir en urgence, chacun sait faire un pas vers les autres", a souligné le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt.

"Il reste encore du travail, il reste encore des échéances", a-t-il insisté, alors que le rapporteur général du budget au Sénat, Albéric de Montgolfier (LR) a regretté "l'absence" dans ce texte "de mesures de relance", prévues pour la rentrée.

"Merci aux députés et sénateurs qui viennent de voter le troisième budget de crise proposé par le gouvernement !", s'est félicité le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur Twitter. "Ce budget vient soutenir les secteurs les plus touchés, les Français les plus fragiles, et nos territoires", a-t-il ajouté.

Ce PLFR 3 prévoit environ 45 milliards d'euros de soutien aux secteurs particulièrement affectés par la crise: tourisme, aéronautique ou automobile. Il entérine une aide de 4,5 milliards d'euros aux collectivités.

L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie l'a jugé "très décevant" pour les professionnels du secteur "au regard des objectifs affichés par le gouvernement".

Des mesures pour les jeunes

Le gouvernement avait fait adopter précédemment par les sénateurs une série de nouvelles ouvertures de crédits: 744 millions d'euros en autorisations d'engagement pour l'apprentissage, 50 millions pour le financement du repas à un euro pour les étudiants boursiers, 75 millions pour renouveler et "verdir" la flotte de véhicules de la police et de la gendarmerie. Ont été ajoutés également 490 millions d'euros pour décarboner l'industrie ou des projets de relocalisation industrielle, et 250 millions pour l'agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF).

Concernant l'emploi des jeunes, le gouvernement a mis sur la table une aide de 4.000 euros en exonération de cotisations à l'embauche d'un jeune de moins de 25 ans. Cette aide, qui fait espérer au gouvernement 450.000 embauches d'ici à janvier, concernera les salaires jusqu'à deux Smic. Elle est la mesure phare d'un "plan jeunes" pour lequel le Premier ministre Jean Castex a promis jeudi 6,5 milliards d'euros sur deux ans.

Pas de nouveau budget à la rentrée

Le projet de loi table sur une récession record: contraction de 11% du produit intérieur brut (PIB) cette année, un déficit qui se creuse à 11,5% et une dette publique à 121% du PIB. Le Premier ministre a indiqué que la dette issue de la crise ferait l'objet d'un traitement à part, un cantonnement, avec un remboursement étalé sur le long terme.

Il n'y aura pas de quatrième budget rectifié à la rentrée, le plan de relance de 100 milliards d'euros annoncé par Emmanuel Macron devant être présenté en Conseil des ministres le 24 août puis intégré au projet de loi de finances (PLF) pour 2021.

C.C. avec AFP