BFM Eco

Coronavirus: La Sécu pourra emprunter 70 milliards d'euros cette année, un record historique

-

- - Damien Meyer-AFP

Pour permettre à la Sécurité sociale d'encaisser les mesures de soutien à l'économie, le gouvernement l'autorise à emprunter jusqu'à 70 milliards d'euros cette année, du jamais vu.

Le gouvernement va autoriser l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) à emprunter jusqu'à 70 milliards d'euros cette année pour pallier les conséquences du coronavirus, un montant plus élevé qu'après la crise financière de 2008.

"Le plafond des ressources non permanentes que l'Acoss est autorisée à mobiliser (...) sera relevé à 70 milliards d'euros par décret", ont annoncé dans un communiqué les ministres de la Santé, Olivier Véran, et des Comptes publics, Gérald Darmanin.

La somme est inédite: le précédent record remonte à 2010 quand, après la crise financière, l'agence publique qui assure la trésorerie de la Sécu avait vu son plafond d'emprunt remonté à 65 milliards.

Cette année, il était fixé à 39 milliards, conformément au budget voté pour 2020. Mais l'épidémie de Covid-19 a changé la donne. Le gouvernement a "autorisé les entreprises à reporter le paiement de (leurs) cotisations sociales", ce qui devrait "creuser temporairement les besoins de trésorerie de l'Acoss, jusqu'à un niveau maximal estimé à 29 milliards d'euros d'ici la fin avril", précisent les ministres.

Le remboursement du "trou de la Sécu" compromis

S'y ajoutent 2 milliards de dépenses nouvelles actées dans le budget rectificatif adopté la semaines dernière: "avances" aux hôpitaux, "achat de masques", arrêts de travail...

Ces choix auront "pour effet d'augmenter sensiblement les besoins de financement à court terme du régime général de sécurité sociale", qui pourra se renflouer à "court terme sur les marchés financiers", mais aussi via "des prêts du secteur bancaire" ou "des prêts en trésorerie de l'Etat".

Une fois la crise passée, la facture risque toutefois de recreuser le "trou de la Sécu", dont le remboursement programmé en 2024 semble compromis. Le gouvernement envisage en effet de "mobiliser la Caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades)" afin de "réduire le besoin de financement à court terme de l'Acoss" et prévoit de prendre "les mesures permettant de poursuivre le remboursement" au-delà de cette échéance.

F.B avec AFP