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Coronavirus: la crise sanitaire est devenue un "terreau" pour les arnaques financières

Selon l'AMF, les arnaques sont pour l'essentiel réalisées à partir d'internet

Selon l'AMF, les arnaques sont pour l'essentiel réalisées à partir d'internet - AFP

Pendant la crise du virus, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont constaté une recrudescence des arnaques financières. Réalisées à partir d'Internet, elles proposent de faux investissements comme dans la chloroquine ou des crédits "immédiats et sans condition", mais frauduleux.

La crise du coronavirus a vu l'émergence de nouvelles arnaques financières, pour lesquelles elle constitue un "terreau" particulièrement favorable, ont prévenu vendredi les deux régulateurs français du secteur.

"La crise financière est un terreau" aux arnaques, a regretté Benoît de Juvigny, secrétaire général de l'Autorité des marchés financiers (AMF), lors d'une conférence commune avec l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Ces deux institutions, qui contrôlent à elles deux le monde de l'investissement et celui de la finance, surveillent notamment les escroqueries qui visent les particuliers.

Elles avaient déjà mis en garde sur une recrudescence de ces arnaques fin mars au début de la crise. Depuis, les deux entités ont pu dresser un tableau plus détaillé.

Des "listes noires" de sites frauduleux

Les arnaques, pour l'essentiel réalisées à partir d'internet, proposent parfois de faux investissements comme dans la chloroquine, un traitement antipaludique dont l'efficacité face au virus fait l'objet d'une controverse très médiatisée.

D'autres profitent des incertitudes financières des particuliers, en leur promettant frauduleusement des crédits immédiats et sans condition.

Cette vague dégrade encore plus un contexte déjà marqué par une multiplication des escroqueries financières, avant même la crise de 2020.

"Depuis 2018, on a vraiment un mouvement d'accélération des arnaques", a souligné Nathalie Beaudemoulin, coordinatrice des travaux entre l'ACPR et l'AMF, qui évoque une "industrialisation" avec les possibilités permises par internet et le numérique.

Témoin de cette explosion, les "listes noires" de sites frauduleux dressées par les deux entités. L'an dernier, elles ont gonflé de plus de moitié avec 500 nouveaux sites et, en 2020, plus de 200 s'y sont encore ajoutés.

P.S. avec AFP