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Vague de froid et canicule font chuter les ventes de rosé

Le nombre de bouteilles vendues en grandes surfaces a chuté de 10% entre avril et juillet.

Le rosé n'est pas à la fête. Handicapé par une météo alternant vague de froid et canicule, le vin phare de l'été accuse le coup. Entre mi-avril et mi-juin, le nombre de bouteilles vendues en grandes surfaces a chuté de 10% par rapport à l'an passé, selon une étude réalisée par le cabinet Nielsen.

En valeur, le repli est un peu moins marqué, avec un chiffre d'affaires en baisse de 9%, le prix de vente moyen des bouteilles de rosé ayant par ailleurs progressé. Cette tendance est encore plus marquée dans les supermarchés parisiens, où les ventes ont chuté -en valeur- de 13%.

Cette baisse est d'autant plus préoccupante pour les professionnels du secteur que l'été est capital pour le rosé. La belle saison représente en effet 36% de ses ventes, contre seulement 18% pour le vin rouge. En juillet et en août, le rosé est ainsi davantage consommé que le rouge. Et il distance très nettement le vin blanc.

Coupe du monde de football

Pour expliquer la baisse, Nielsen avance deux facteurs. D'abord, "la fraîcheur du mois de mai et la météo extrême du mois de juin (succession de vagues de froid et canicule, vent et pluie)", qui réduisent l'attrait et donc la consommation de rosé. Ensuite, la Coupe du monde de football qui avait dopé les ventes en 2018. Par rapport à 2017, le repli des ventes se limite ainsi à 5%.

L'année avait pourtant bien commencé avec "l’arrivée précoce de la douceur", qui avaient eu un impact très positif en avril. Malgré les contre-performances récentes, les ventes de rosé restent en hausse sur les douze derniers mois - en valeur, elles ont progressé de 1,3%, à 1,2 milliard d'euros. Mais cela pourrait rapidement changer si la faiblesse du marché se poursuit en août.

Les rosés de Provence à la peine

Comme on l'observe tous les ans, les consommateurs français privilégient les productions nationales, qui représentent 92% des bouteilles achetées. Mais ils se détournent de plus en plus des rosés de Provence, dont les ventes ont chuté de 19% entre mi-avril et mi-juillet. A l'inverse, les rosés du Languedoc-Roussillon, l'autre poids lourd du marché, n'ont baissé que de 1%.

Enfin, le rosé est davantage consommé dans le sud-est de la France. "Le Var est le département le plus adepte de vin rosé", note Nielsen. Il devance les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône et la Corse. "Les consommateurs français ont tendance à privilégier les spécialités viticoles locales", souligne le cabinet d'études. A l’inverse, à Paris, le rosé sous-performe par rapport aux autres vins.

JM