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Pourquoi les ventes de chewing-gum se sont effondrées en France

Le patron France de Mondelez était l'invité de Karine Vergniol dans "Innover pour le Commerce".

Le patron France de Mondelez était l'invité de Karine Vergniol dans "Innover pour le Commerce". - BFM Business

Entre 2015 et 2017, les ventes ont chuté de 10% dans l'Hexagone. Mondelez, le groupe qui détient Malabar, Trident et Hollywood met en cause le temps d'attente aux caisses des supermarchés… et les smartphones.

Comment faire quand un de vos produits est de moins en moins acheté par les consommateurs? C'est le problème auquel est confronté Mondelez, le géant de l'agroalimentaire multimarque, qui détient notamment Hollywood, Trident, Malabar et Stimorol. En 2016, le marché a baissé de 7%, après avoir déjà reculé de plus de 3% en 2015, selon l'institut Nielsen.

La lutte anti-obésité de Roselyne Bachelot, lorsqu'elle était ministre de la Santé, a largement contribué à ce que les confiseries se montrent moins aux abords des caisses. En 2008, cette dernière avait menacé les distributeurs de légiférer à ce sujet. Mais pour le patron France de Mondelez, invité de "Innover pour le Commerce" sur BFM Business, les raisons du déclin du chewing-gum sont ailleurs.

Le smartphone nuit au chewing-gum

Première cause à ses yeux: les efforts des distributeurs ces dernières années pour écourter le temps d'attente en caisse. Du coup, "les fabricants ont perdu 20 kilomètres de caisses en cinq ans à cause de la modernisation des supermarchés avec les caisses où l'on scanne soi-même ses produits", déplore Mathias Dosne.

Deuxième "fautif": le smartphone, et ses applications Facebook, Twitter, Snapchat ou Instagram, décrète le patron France de l'ex-Kraft Foods. "Auparavant, le consommateur qui attendait à la caisse regardait les présentoirs devant lui, et procédait souvent à un achat d'impulsion". Un type d'achat qui, à 75%, concernait la pâte à mâcher, selon Nielsen. "Aujourd'hui, le consommateur sort son smartphone et scrolle son fil d'actualité sur les réseaux sociaux", souligne Mathias Dosne.

Pour prendre acte de ces nouvelles habitudes, Mondelez est en train de réfléchir très concrètement avec les distributeurs aux moyens de relancer les ventes. Devant de caisse virtuel pour les drives? Publicité digitale au moment du passage en magasin? "C'est encore très confidentiel", se borne à indiquer Mathias Dosne.

N.G.