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Haribo: 6 choses que vous ignoriez sur le roi du bonbon

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Alors qu'Haribo lance en France Maoam, une nouvelle marque de bonbons, retour en 6 anecdotes sur l'histoire de ce géant allemand.

Haribo déclare la guerre à Carambar et Kréma! La marque allemande, championne du bonbon gélifié va lancer en France un bonbon en pâte à mâcher aux goûts de fruits. Or la pâte à mâcher, c'est la spécialité de Mondelez, le grand rival américain d'Haribo qui possède notamment les marques Kréma et pour quelques semaines encore Carambar. Ce nouveau produit baptisé Maoam (raccourci de "mundet allen ohne ausnahme" qui veut dire "goûte les tous sans exception") est bien connu des Allemands. Créé dans les années 30 à Düsseldorf, Maoam a été racheté en 1986 par Haribo et a depuis été lancé avec succès à l'international notamment en Grande-Bretagne.

Avec Maoam, Haribo espère conforter sa place de leader du bonbon en France. Avec 240 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisé en 2015 (en hausse de 5%), le groupe allemand pèse 36,5% du marché hexagonal du bonbon. Et avec Maoam, il compte bien prendre 15% du marché de la pâte à mâcher au nez et à la barbe du rival Mondelez. 

Comment Haribo a édifié cet empire du bonbon gélifié? Retour sur six anecdotes qui expliquent comment cette petite fabrique allemande a su transformer le sucre en or.

1. Haribo, acronyme d'HAns RIegel BOnn

C'est en 1920 qu'Hans Riegel, un jeune confiseur allemand, rachète une minuscule fabrique de sucrerie à Bonn dans l'ouest de l'Allemagne. Le capital de l'entreprise au départ? Un sac de sucre, un tabouret, un chaudron de cuivre et un rouleau à pâtisserie. Pour le nom, il prend les premières lettres de son nom et de sa ville. Hans Riegel Bonn devient Haribo.

2. L'ourson gélifié, le premier coup de génie

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Alors qu'à l'époque les bonbons n'ont pas de forme particulière, Hans Riegel décide en 1922 d'en créer un avec une forme sympathique pour plaire aux enfants. Il opte pour l'ours, symbole de la ville de Bonn et il appelle son bonbon gélifié le Tanzbär du nom de l'ours dansant qui distrayait les gens au Moyen-Âge dans la région. Mais il prend vite le nom de Goldbär (l'ours d'or en France) qu'il porte encore aujourd'hui. Il reste, près de 100 ans après sa création, le bonbon le plus vendu en Allemagne.

3. Un slogan composé par le fils du fondateur

"Haribo c'est beau la vie, pour les grands et les petits!" C'est sans doute une des ritournelles de marque les plus connues en France. Et c'est exactement la même partout. Haribo se contente d'adapter le slogan dans la langue du pays. À l'origine, en 1930, Hans Riegel cherche un message publicitaire fort. Il opte pour: "Haribo macht Kinder froh" ("Haribo fait la joie des enfants") qu'il complète un peu plus tard par "und Erwachsene ebenso" ("et aussi celle des adultes"). La petite musique viendra plus tard, en 1950, et est l'oeuvre d'Hans Riegel junior, le fils du fondateur qui reprendra les rênes de l'entreprise. 

4. Haribo, un bonbon "made in Marseille"

Fort de son succès en Allemagne, Haribo veut se lancer à l'international en 1967. Et la France est la priorité du groupe. Mais plutôt que d'y importer ses bonbons, le confiseur préfère s'y implanter durablement et rachète une petite confiserie à vendre "La Réglisserie de Lorette" et y installe son siège. Aujourd'hui encore, c'est dans le secteur industriel des Arnavaux de la cité phocéenne qu'Haribo produit l'essentiel de ses bonbons. Un site complété en 1987 par une usine à Uzès dans le Gard lorsqu'il rachète Ricqlès-Zan à Vittel. C'est dans cette dernière usine qu'Haribo a inauguré en 1996 un musée du bonbon.

5. Haribo n'est pas l'ami des banques

Alors que la plupart des grands de l'alimentaire sont des entreprises cotées en bourse, Haribo a toujours refusé d'ouvrir son capital et reste près d'un siècle plus tard toujours aux mains de la famille Riegel et de ses descendants. Mieux, Haribo assure que la société n'a jamais emprunté un centime auprès des banques. Il réalise ses investissements avec l'argent gagné. 100% d'autofinancement, un cas rare dans le business.

6. L'étonnante origine de la fraise Tagada

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C'est le bonbon star d'Haribo en France puisqu'il représente 15% des ventes d'Haribo. Et la fraise Tagada est une invention française! En 1969, la filiale française d'Haribo met au point un bonbon dragéifié au goût de fraise. La maison mère ne croit pas à son succès mais Eugène Gabel, le mythique fondateur d'Haribo France insiste pour le lancer. Le succès est considérable. Pourquoi ce nom Tagada? Car alors que la société cherchait en vain comment appeler sa création, le patron d'Haribo assiste à un spectacle de music-hall à Paris. Les danseuses donnent alors du "Tagada tsoin tsoin". Eugène Gabel trouve ça drôle et pétillant. Ainsi est née la fraise Tagada.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco