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Pourquoi les Parisiens n'ont jamais autant peiné à trouver une baguette au mois d'août

Depuis la Révolution, les boulangers parisiens devaient soumettre leurs dates de congés à la préfecture pour éviter toute pénurie pendant la période estivale. Mais la loi Macron votée en 2014 a aboli cette obligation.

C’est bien connu, le mois d’août n’est pas la période de l’année la plus révélatrice du dynamisme économique français. Congés obligent, les commerçants ferment leurs portes les uns après les autres… Au point que certains produits viennent à manquer. La capitale n’est pas épargnée. En effet, les boulangeries parisiennes ouvertes se feraient de plus en plus rares en plein été, raconte Le Figaro.

La raison: le système de "réquisitions estivales", qui permettait d'éviter une éventuelle pénurie de pain pendant les vacances, a été aboli. Cette disposition, datant de la Révolution, obligeait chaque boulanger à signaler ses dates de congés à la préfecture. Objectif: empêcher que ces artisans ne quittent massivement la capitale pendant l’été privant les Parisiens de baguettes et de croissants. De leur côté, les équipes de la préfecture effectuaient des tournées pour s’assurer du bon déroulement de ce dispositif et dressaient des procès-verbaux en cas de non-respect de la règle. De quoi dissuader les contrevenants.

Une nouvelle disposition inscrite dans la loi pour la simplification des entreprises

La loi (impulsée par Emmanuel Macron) relative à la simplification de la vie des entreprises du 20 décembre 2014 a libéré les boulangers-parisiens de cette obligation. Mais, du coup, comme on pouvait le redouter, ils sont très nombreux à choisir de fermer boutique en août.

Peut-on pour autant parler de pénurie? "Dans l’ensemble, le consommateur trouve du pain", répond au Figaro Franck Thomasse, vice-président du syndicat des boulangers du Grande Paris. "Depuis la fin des réquisitions estivales, les boulangers s'entendent, selon les besoins de chacun, pour prendre leurs congés tout en assurant un service minimum pour le consommateur", assure-t-il.

Néanmoins, les consommateurs peuvent s’éviter tout désagrément en consultant la liste, non exhaustive, des congés des boulangers de la capitale sur un site internet créé par le syndicat. La Chambre professionnelle des artisans boulangers-pâtissiers de Paris recense elle aussi les congés d’été de certains commerçants.

P.L