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Pourquoi les hôteliers corses boycottent Booking

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723/3e05fb12a97dff84311dc6448cf87 - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Estimant trop élevée la commission ponctionnée par la plateforme américaine sur les réservations de nuitées, des hôteliers de l’Ile de Beauté bloquent les réservations via Booking pour cet été.

Si cherchez à réserver sur Booking une chambre d'hôtel en Corse au mois d’août, en particulier dans la baie d’Ajaccio, vous risquez de ne plus trouver grand chose de libre. Pourtant les établissements de l’île sont loin d’être complets à ces dates. C’est pour protester contre la plateforme qu’ils ont bloqué la possibilité de réserver chez eux le deuxième mois d’été.

La cause de leur défiance: la commission que ponctionne Booking sur chaque réservation enregistrée via son site. Selon les hôteliers corses en colère, elle serait de 15% en moyenne. "Depuis dix ans, la commission de Booking ne cesse d’augmenter", déplore Thomas Vincetti, directeur de l’hôtel Fesh à Ajaccio, auprès de BFMTV.

Les hôteliers dénoncent également le manque de solidarité de la plateforme durant le confinement. "La mauvaise gestion de Booking envers les professionnels de l’hôtellerie pendant la crise du Covid-19 nous a poussé à nous rassembler et à mener ensemble la lutte contre cette plateforme", continue le directeur du trois étoiles.

"Nous attendons le respect de nos partenaires et un service qui soit à un coût juste. Pas une relation qui soit totalement unilatérale au profit d’un seul", explique Jean-Baptiste Pieri, directeur de l’hôtel Les Mouettes à Ajaccio, qui mène lui aussi la fronde.

Des commissions à la tête du client

La plateforme de réservations de nuitées est devenue un acteur incontournable du tourisme en France. Actuellement, 40% des réservations en Corse passent par Booking. Jusqu’ici, le groupe néerlandais n’a pas répondu aux demandes des hôteliers corses. Ces derniers préviennent que faute de retour, c’est toute l’île qui pourrait se retirer du site, et même d’autres régions françaises.

Et pour cause: l'île de beauté n'est pas la seule région française à tenter de peser face aux plateformes de réservation en ligne. L'année dernière à la même date, des hôteliers français cette fois du Cap d'Agde avaient tenté de faire plier Booking sur le niveau de sa commission. Quinze des seize établissements de la ville avaient fixé des prix astronomiques de réservation via le site néerlandais pour le mois d'août.

Ils avaient par exemple mis à plus de 1000 euros une chambre où la nuit en coûte normalement une centaine. Le président du club des hôteliers de la ville dénonçait alors les commissions qui varient d'un hôtel et d'une région à l'autre: "17% pour les hôtels du Cap d'Agde, mais 15% pour ceux de La Baule, et 10% pour le groupe Accor", s'insurgeait alors Alain Blouet. Le dénouement de ce bras de fer n'a pas été rendu public. 

Elise Bretaud et Nina Godart