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Pourquoi les chaussettes Kindy sont tombées si bas

Le fabricant français de chaussettes Kindy a été placé en redressement judiciaire et deux de ses filiales, en liquidation judiciaire.

Le fabricant français de chaussettes Kindy a été placé en redressement judiciaire et deux de ses filiales, en liquidation judiciaire. - KIndy

En redressement judiciaire, avec des perspectives de reprises partielles, Kindy s'estime victime du marché, de la concurrence de la "mode éclair" et du choix de la grande distribution en faveur des prix bas, explique la présidente du fabricant de chaussettes.

À qui la faute si les chaussettes Kindy, dont la marque date de 1966, risquent de disparaître? Pour la présidente de l'industriel français, la responsabilité tient essentiellement au marché. Nathalie Crouzet explique dans un entretien au Parisien les raisons qui ont conduit, selon elle, aux graves difficultés rencontrées par l'entreprise, placée mercredi en redressement judiciaire avec la liquidation de deux de ses filiales.

"Sur un produit comme le nôtre, le consommateur cherche à acheter le moins cher. Il ne pense pas forcément aux emplois concernés" commente, avec un brin de fatalisme, la présidente du directoire.

Elle ajoute: "Les supermarchés ont parfois fait leurs choix de produits en pensant avant tout au prix, au détriment de Kindy". Elle concède toutefois que, confrontée aux spécialistes de la mode éclair que sont H&M ou Zara, l'entreprise a "peut-être réagi trop tard face à ses concurrents".

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- © L'entreprise emploie 110 personnes à son siège de Moliens dans l'Oise. Crédit Photo : Kindy

L'activité chaussettes du groupe, dont le siège est à Moliens dans l'Oise, emploie encore 110 personnes et celle dédiée à la chaussure pour enfants 45 personnes dans le Maine-et-Loire.

La justice devra examiner sept offres de reprise partielle le 30 mai 2017 par le tribunal de commerce de Beauvais qui devra statuer sur le sort des activités de Kindy. Ces offres de reprise portent chacune sur une partie des activités du groupe: trois sur le pôle "chaussettes" et quatre sur le pôle "chaussures pour enfants".

"Les politiques ne peuvent rien faire pour Kindy"

"La certitude c'est que les repreneurs ne garderont pas tous les salariés. Ils vont vouloir faire des économies et, malheureusement, cela passe par une réduction du personnel" souligne Nathalie Crouzet.

À l'heure où le sort de l'usine Whirlpool d'Amiens a surgi dans le débat politique, la présidente du directoire exonère par avance le pouvoir politique de toute responsabilité dans la chute de l'entreprise qu'elle dirige. "Les politiques ne peuvent rien faire pour Kindy. Aujourd'hui notre entreprise ne nous permet pas de vivre et je ne pense pas que des décisions politiques auraient pu changer quoi que ce soit" assène-t-elle.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco