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Pourquoi le ticket de caisse des Français augmente au drive malgré des hausses de prix limitées

Le ticket de caisse moyen augmente au drive

Le ticket de caisse moyen augmente au drive - BERTRAND LANGLOIS / AFP

Selon la dernière étude de l'UFC Que Choisir, le ticket de caisse moyen des Français au drive a augmenté de 2,5% lors de la quatrième semaine de confinement. Pourtant, les prix des produits de premières nécessité ont peu, voire pas, augmenté. Un paradoxe qui s'explique par les ruptures qui touchent les références les moins chères.

Pâtes, riz, oeufs… Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les prix de la grande majorité des produits de première nécessité pris individuellement n’ont pas flambé depuis le début du confinement. Une observation encore confirmée ce mardi par l’UFC Que Choisir qui a analysé les prix de 252 produits dans les drives de dix enseignes (Cora Drive, Auchan Dirve, Drive Intermarché, E.Leclerc Drive, Casino Drive, Mes courses Casino, Courses U Drive, Carrefour Drive, Chronodrive et Colruyt Collect and go). 

Pourtant, le ticket de caisse des Français faisant leurs courses au drive a lui augmenté de 2,50% en moyenne lors de la quatrième semaine de confinement après une hausse de 2,80% lors de la troisième semaine, assure l’association de défense des consommateurs. 

Les ruptures augmentent la facture

Un paradoxe qui s’explique par les ruptures de certaines références comptant parmi les moins chères et qui obligent les clients à se tourner vers des gammes plus onéreuses. Le nombre de références de gel hydroalcoolique en drive a par exemple chuté de 74% la semaine du 6 au 11 avril par rapport à la semaine du 2 au 6 mars. Un recul qui s’observe également sur les lingettes pour maison (-55%), la farine (-38%) et les savons (-37%). 

Résultat, le ticket de caisse moyen augmente mécaniquement. Cette hausse est particulièrement marquée pour les pâtes (+5%), le lait (+4%) mais est plus faible pour le riz (+2%), et le jambon (1%). "L’évolution est à l’inverse devenue négative pour les produits bébé, le pain de mie (tous deux à -2%), et les petits pois et haricots (-3%)", précise l’UFC Que Choisir.

Des évolutions contrastées 

Avec moins de références abordables sur les sites des drives, la farine enregistre la plus forte hausse de son prix moyen (+14%). Mais cela s’explique également par le fait que "plusieurs enseignes ont choisi d’augmenter fortement le prix des paquets de farine (alors que les meuniers continuent à les vendre au prix habituel)", souligne l’UFC Que Choisir. A l’inverse, si le prix moyen des oeufs progresse moins (+2%) malgré un fort recul du nombre de références (-21%), c’est parce que "l’effet de gamme a moins joué" sur ce produit "déjà largement vendu sous signes de qualité -bio et label rouge- plus onéreux". 

Alors que les ruptures se sont résorbées rendant de nouveau accessibles les références les moins chères, le prix moyen du papier toilette est pour sa part en chute libre (-25%). Au contraire, les lingettes pour maison ont vu leur prix moyen flamber de 21% par rapport à l’avant-confinement. Enfin, malgré un pénurie persistante, le gel hydroalcoolique échappe à une forte hausse du prix, lequel est encadré par un décret gouvernemental. 

Paul Louis